Perhaps: Volume One

C’est l’histoire d’un petit groupe qui sort un petit album et qui déclenche un petit ouragan dans le microcosme du rock progressif. Ce groupe, un trio originaire de Boston, c’est Perhaps et l’album en question, c’est Volume One, trente-sept minutes d’un rock progressif psychédélique instrumental barré de la tête.

En fait, c’est un peu comme si le fruit adolescent des amours bâtardes de Yes et de King Crimson se mettait à faire du post-rock ou du math-rock avec des potes dans un garage. On y trouve des sonorités typiquement yessiennes – notamment un jeu de guitare à la Steve Howe – avec le goût de la dissonance et des compositions alambiquées (et du saxophone en pagaille), le tout virant à la jam-session enregistrée sur une cassette audio analogique.

Probablement parce que, si l’on en croit la notice sur le site, l’album a en effet été enregistré d’une traite sur cassette audio analogique. Concept.

Il faut saluer la performance: pour un premier album enregistré à la machette dans un garage par une bande de pote en délire, Volume One est plutôt convaincant. Il y a dans ce morceau des graines de pur génie, comme l’intro à la Steve Howe et un final intense très post-rock.

Il y a également, dans le “ventre mou” de cet album, des moments de pur nawak en branche où l’auditeur un tant soit peu traditionaliste (genre moi) se demande si on n’est pas en train de se foutre de sa gueule. Ils sont heureusement rares.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas fan de tout. Le côté impro de l’album me laisse quelque peu sceptique, même si le talent pur des musiciens m’impressionne. Volume One est un album qui a l’intérêt de ne pas laisser indifférent et de frapper les esprits (parfois à la batte de base-ball). Pour un premier essai, c’est déjà ça de pris.

Quant à savoir si on aime ou pas, la réponse tient dans le nom du groupe: perhaps; les esprits aventureux peuvent néanmoins se laisser tenter par un téléchargement gratuit de Volume One, quitte à glisser son obole plus tard. Personnellement, je trouve que ça vaut une petite poignée de dollars.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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