“Petit manuel de survie à l’intention d’un socialiste dans un dîner avec des gens de gauche”, de Bruno Gaccio

Je n’aurais sans doute jamais acheté ce Petit manuel de survie à l’intention d’un socialiste dans un dîner avec des gens de gauche, signé Bruno Gaccio, si son camarade de parti Frédric Toutain (du blog Un jour une idée) n’en avait pas fait récemment l’article.

Le bouquin est plutôt marrant et, surtout, mordant: comme son nom l’indique, il s’adresse à un socialiste, travaillant au siège du parti, mais qui est très embêté quand il doit mitiger la chèvre de ses opinions (vaguement) de gauche avec le chou du bilan du gouvernement socialiste (qui n’est pas très chou), face à des amis qui, eux, sont vraiment de gauche.

En une demi-douzaine de saynètes alliant cynisme, sarcasme et mauvaise foi pur sucre, l’ancienne “plume” des Guignols de l’Info balance en creux une critique acerbe du Parti socialiste français et, plus généralement, de cette tendance qu’ont les ors du pouvoir de saper irrémédiablement toute velléité réformiste ou progressiste.

Je ne sais pas si c’est une tendance qui est réellement marquante en France ou si c’est simplement la comparaison avec une Suisse en apparence plus “milicienne” dans son approche de la politique, mais le poids du Parti (avec une majuscule, comme dans les régimes totalitaires) y semble vraiment écrasant.

Je me souviens d’un article dans Charlie il y a pas mal de temps qui parlait des Écolos comme étant, à l’époque, le seul parti avec un semblant de démocratie interne (parfois jusqu’à la caricature), mais aujourd’hui, même eux semblent avoir succombé à la logique de l’appareil bureaucratique qui ne vise que la conquête du pouvoir. J’ai lu aussi des propos assez édifiants (quoique très subjectifs) sur des (dys)fonctionnements similaires au sein du Parti pirate.

Pour en revenir à ce Petit manuel (dont le titre est presque plus long que le bouquin), il se lit vite: je l’ai poutzé en deux heures sur un lit d’hôpital – longue histoire. S’il réserve des moments de pure rigolade méchante, la satire a cependant aussi tendance à être un chouïa lourdingue. On rit, certes, mais au bout d’un moment, la mauvaise foi agace.

Il n’empêche qu’à côté de son aspect “charge au bulldozer rouillé” (pour que ça fasse plus mal), Bruno Gaccio taille en pièce et documente les reniements du gouvernement Hollande-Ayrault. Le fait que l’auteur vienne de lancer, avec l’économiste Pierre Larrouturou et d’autres, le parti Nouvelle Donne n’est sans doute pas un hasard.

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