« Piranesi », de Susanna Clark

Piranesi vit dans un labyrinthe régulièrement envahi par la mer. Il recense les salles et les statues avec une passion un peu naïve, enfantine. De temps en temps, il rencontre son seul ami, le seul autre habitant vivant du labyrinthe, qu’il appelle L’Autre. Mais, dans ce nouveau roman de Susanna Clark, Piranesi n’est peut-être pas ce qu’il paraît être.

Si le nom de Susanna Clark vous dit vaguement quelque chose, c’est parce que cette autrice britannique est connue pour Jonathan Strange & Mr Norrell, son premier roman, publié en 2004. Piranesi, paru l’année passée, est son deuxième. Mais si on n’a pas la quantité, on a la qualité.

Piranesi, c’est un fantastique surréaliste dont le narrateur éponyme se fait le rapporteur. Dans ses multiples journaux, il décrit inlassablement tout ce qu’il voit, tout ce qu’il fait. Et il l’indexe aussi dans un cahier à part.

C’est d’ailleurs à partir de cet index que les choses bizarres – réellement bizarres – vont commencer. Sous la forme d’articles que Piranesi ne se souvient pas avoir écrit et qui font référence à des volumes qui n’existent pas. Ou peut-être que si.

En plus de Piranesi – qui n’est pas son vrai nom, c’est L’Autre qui l’appelle ainsi – le labyrinthe lui-même est l’autre protagoniste de ce roman. Piranesi l’appelle « La Maison » et lui voue une forme de culte. C’est un lieu où se côtoient de grandes beautés et de grands dangers.

Et enfin, il y a Le Prophète, un professeur d’université disgracié aux pratiques sectaires et qui sera le trait d’union entre Piranesi et la vérité. S’il n’apparaît que brièvement, on peut suivre sa carrière dans les notes de Piranesi.

J’avoue ne pas me souvenir très précisément de Jonathan Strange & Mr Norrell. J’en ai l’image d’un roman au contexte intéressant et à l’ambiance particulièrement fouillée, mais à l’action un peu trop lente à mon goût. C’est également un peu le cas de Piranesi, mais le dernier bémol est très nettement atténué par le fait que c’est un livre plutôt court – genre, un tiers du nombre de pages.

Je suppose qu’il y aurait plein de trucs à dire sur la symbolique du labyrinthe et de l’océan. Je vous en fais grâce; les dissertations, ça m’amuse moins depuis que j’ai quitté l’uni. Mais ce côté symbolique transparaît pas mal dans ce texte. Disons que si vous cherchez de l’action… ok, il y en a un peu, mais ce n’est franchement pas le propos.

Plus simplement, Piranesi est un livre que j’ai trouvé fascinant. Il brille principalement par son atmosphère et son intrigue que, finalement, le lecteur découvrira à posteriori. Il se lit raisonnablement vite, mais le lecteur aura peut-être plus envie de le déguster plutôt que de le dévorer.

Vu originellement chez le quasi-voisin Cédric.

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