Pirate: Left of Mind

Pour faire dans l’humour facile, je pourrais dire que c’est parce que Pirate est un groupe australien que leur nouvel album Left of Mind nous met la tête à l’envers. Hormis les blagues dont même l’Almanach Vermot 1938 n’aurait pas voulu, il faut dire ce qui est: le rock progressif de Pirate est certes original, il n’est pas exactement facile d’accès.

Encore que “original” ne soit pas exactement le bon terme; disons plutôt qu’il fourmille de références plus ou moins assumées et, surtout, mélangées et télescopées à un point tel qu’on frise parfois l’indigestion: King Crimson, Van der Graaf Generator, math-rock, post-rock, tout change et tout s’enchaîne à grande vitesse sur les huit morceaux courts (l’album fait à peine trente-deux minutes) de Left of Mind.

Avec Left of Mind, on commence par un morceau-titre chaotique et énergique aux vocaux agaçants, puis un “Animals Cannibals” plus calme, qui oscille entre (guitare) électrique et (effet) électronique, avant un “Rough Shuffle” à l’intro très Van der Graaf Generator. Ensuite, on passe du très écoutable (“In the Balance”) au spectaculairement destructuré (“Daggers”), entrecoupé par des pauses instrumentales calmes (“Finish”) et angoissantes (le fort bien nommé “Creepy”). Le “Times Minus Five” (également bien nommé, puisque c’est le dernier de l’album) est dans la lignée de “In The Balance”, avec un math-rock instrumental ultra-péchu.

Dans l’ensemble, tous ces changements, c’est un peu fatiguant; je sais que j’ai tendance à souvent utiliser cet adjectif pour certains albums et c’est peut-être un signe que je vieillis, mais l’effort intellectuel requis pour suivre ce genre de musique est bien réel. Cela dit, même si leur propos semble singulièrement décousu, il faut reconnaître que Pirate affiche une maîtrise insolente de son sujet musical et, même mieux, parvient à me faire apprécier le saxophone omniprésent, ce qui relève d’un exploit inédit depuis Supertramp.

Left of Mind est disponible au téléchargement pour la modique somme de dix dollars australiens, c’est-à-dire à peu près autant en francs suisses et huit euros. Si vous n’avez pas peur d’une grosse dose d’éclectisme dans un petit emballage, allez-y!

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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