Pourquoi encore acheter des disques?

À l’heure actuelle, je possède chez moi environ 1 200 CD de musique. Je ne dis pas ça pour faire mon cacou, façon « concours de celui qui a la plus grosse », mais bien parce que cet état de fait me pose un problème pratique et – oserai-je le dire? – moral.

Problème pratique: je ne sais pas si vous avez une idée de la place que prennent 1 200 boîtiers « jewel case » de CD standards (sans compter les digipacks plus ou moins exotiques). Moi si. Et, pour paraphraser les Barbouzes, je dirais même que ça encombre.

Il faut dire que, quand j’achète un disque, celui-ci va direct dans l’ordi, numérisation en MP3 à 320 bits (juste parce que je suis un gros bourrin), importation dans iTunes (juste parce que je suis un Mac-head irrécupérable) et basta! Le disque physique, lui, va rejoindre ses confrères sur une étagère, d’où il ne bougera que quand je me prendrai de ranger une énième fois le bazar.

Problème moral, ensuite: un CD, c’est plein de matériaux plus ou moins toxiques assemblés en quelque chose de moyennement recyclable, qui est ensuite transporté à travers la planète à grands renforts d’énergie fossile. En tant qu’écolo hypocrite périurbain lambda, ça m’enquiquine quelque peu. À ces considérations environnementales s’ajoutent des questions de droits numériques, sans oublier les vieilles histoires d’ayants-droits transnationaux qui se goinfrent sur le dos des artistes.

Dilemme: en achetant un disque physique, j’ai conscience de contribuer à la pollution de la planète et à l’engraissement disproportionné de grands médias dinosauriens et liberticides. Je sais: je caricature. Un peu. Je passe sur la sale habitude de truffer les boîtiers de disques supplémentaires contenant des vidéos qui ne m’intéressent pas ou des reprises enregistrées dans la salle de bain du batteur.

Mais, en passant à la musique numérique – et ne nous voilons pas la face: si on excepte quelques indépendants microscopiques, ici en Suisse, ça veut dire « iTunes Music Store » et un peu rien d’autre – je perds le contrôle sur le format dans lequel je souhaite obtenir ma musique, je perds une bonne dose de choix et je cesse de soutenir les boutiques locales (= la Citadelle) que j’aime bien.

Si quelqu’un a une formule magique pour me permettre de continuer à écouter la musique que j’aime sans avoir à choisir entre la peste carbone et le choléra DRM, je suis preneur…

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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15 réponses

  1. Loris dit :

    Je n’achète plus de CD. Mais j’achète des vinyles avec un bon pour une « digital download ». Comme ça j’ai une pochette qui déchire, du bon son, et quand même le contenu sur mon iPote.

  2. Fulgan dit :

    Y’a plus de DRM sur iTunes: tu télécharge, tu clique-droit sur l’album, tu sélectionne « créer version MP3 » et basta.

    Bon ça change rien par rapport à la citadelle. Ni au fait que tu paye une boite supportant un business model version 1890 (coucou Apple) mais j’ai peur que là, tu n’ai pas le choix.

  3. Max dit :

    tiens amazone.ch ça marche pas ? je pensais que c’est DRM free…

    sinon… tu vas a ton magazin de music tu paye et tu la télécharge sur le net
    dans ce cas c’est légal non ?

    pour la qualité je pense que ce soit pas assez bien pour toi…
    http://en.wikipedia.org/wiki/Amazon_MP3

  4. François dit :

    Je suppose que ne pas acheter du tout n’est pas une option?

  5. Danilo dit :

    Si tu les paies moins cher en direct sur iTunes, verse la différence à ton magasin de disques. Cadeau !

  6. Alias dit :

    @Loris: le vinyle, oui, mais non. J’ai beau ne pas être un audiophile, j’entends quand même les craquements et ça m’agace. En plus, comme je suis un gros maladroit, c’est juste pas la peine. Je ne parle même pas de l’encombrement, qui n’est pas mieux…

    @Max: les MP3 Amazon ne sont pas dispo en Suisse. Je dirais bien « pas encore », mais depuis le temps qu’ils l’annoncent et que rien ne vient, je ne le croirai que quand je le verrai.

    @François: je ne vole pas la musique que j’écoute, mais je suppose que ce n’est pas ce que tu voulais dire. Quoi qu’il en soit non, ce n’est pas une option.

    @Danilo: idée intéressante, même si un peu vexante pour le boutiquier. Je pourrais utiliser la différence pour un « fonds bière » à boire à la Citadelle (oui, c’est aussi un bar), mais ça risque de très mal finir… 🙂

  7. Lloyd dit :

    J’achète les CDs pour avoir une copie physique, un peu comme on fait des backups sur bande.
    Mais j’hésite de passer sur vinyle, je pense plus fiable que les CDs.

  8. Kahlong dit :

    Une autre option est que les géants de l’industrie se penchent sur le format « flash », pourquoi ne pas consevoir un support utilisant cette technologie ?

    • Alias dit :

      Si tu veux parler des mémoires flash, ça ne fait que reporter le problème: au lieu d’avoir des CD qui polluent, on aura des sticks qui polluent.

  9. Oliver dit :

    D’un point de vue purement pratique (la place que ça prend) tu peux envisager l’archivage de tes CDs dans des classeurs/boîtes archives une fois rippés, tu y gagneras au niveau encombrement. Pour l’argument écologique je crois que c’est viser au mauvais endroit, baisse d’un ou deux degré le chauffage à la maison ça compensera largement le plastique de tes CDs.
    Ceci dit je teste la version iTunes Store, mais je n’ai clairement pas le même plaisir que d’aller chez mon disquaire préféré. Je pense que malheureusement la profession est moribonde et que seules des solutions du type Citadelle peuvent permettre à terme à des petits disquaires de survivre.

    • Alias dit :

      Je n’ai aucun contrôle sur le chauffage de mon appartement, qui doit déjà être à 18-19° les bons jours. Et puis si tu veux vraiment faire jouer l’argument écologique, tu baisses la température et tu n’achètes plus de CD.

  10. chessgirl dit :

    en même temps, dans 10 ou 15 ans, tu écouteras (et caresseras) avec nostalgie tes bons vieux CD, alors que tes mp3 ne seront même plus lisibles… d’autre part, gardons espoir qu’on aura trouvé le moyen de recycler ces CD ailleurs que dans les arbres fruitiers d’ici là. je sais, pas très écolo durable, mais j’aime l’objet CD, le soin apporté aux fourres, et je peux vous dire qu’un enregistrement studio c’est du sang et de la sueur… et du massacre lorsqu’écouté sur ces mini lecteurs mp3… triste.

    • Alias dit :

      N’étant pas du tout un audiophile, j’ai du mal à constater une différence flagrante entre le son CD, MP3 (et vinyle-non-craqué, d’ailleurs) et l’objet CD me passionne beaucoup moins qu’il y a quelques années.

      Un des avantages du vinyle, c’était qu’on avait droit à des illustrations grand format (ah! les illos de Roger Dean pour Yes…).

  11. Olivier dit :

    Et Amazon.fr ca ne fonctionne pas depuis la Suisse ?
    Parce que tu pourrais suggérer à la Citadelle de créer un lien d’affiliation qui lui ferait une rémunération (faible certes) sur tes achats ? Ça marcherait peut-être aussi avec l’iTunes Store d’ailleurs…

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