“Rats, Bats and Vats”, d’Eric Flint et Dave Freer

Si ma chère et tendre n’avait pas passé son temps à hurler de rire en lisant Rats, Bats and Vats (et sa suite, The Rats, The Bats and The Ugly), il est fort possible que je sois complètement passé à côté de ce délirant duo science-fictionesque signé Eric Flint et Dave Freer.

La colonie terrienne au nom improbable de Harmony And Reason, fondée sur les principes de la Société des Fabiens, est attaquée par une race extra-terrestre insectoïde, les Magh, qui commence à en faire de la pâtée pour asticots. Au cours d’une énième offensive ennemie, le soldat Chip Connolly se retrouve coincé derrière les lignes, seul humain au milieu d’un groupe composé de rats et de chauve-souris dotés de conscience.

C’est à ce stade qu’il est de mon devoir de vous informer que ce livre est à Starship Troopers ce que La Septième Compagnie est à Apocalypse Now!. En plus drôle.

Le domaine des deux bouquins est clairement le pastiche de science-fiction militaire, avec un héros moyennement compétent assisté de compagnons d’infortune particulièrement agités du ciboulot. Les rats pensent à trois choses: manger, boire et baiser (pas forcément dans cet ordre) et les chauve-souris sont des révolutionnaires fanatiques des explosifs. Rajoutons à ce tableau un intérêt romantique, sous la forme de la jeune héritière de la plus grande fortune de la planète, enlevée par les Magh et libérée par Nos Héros™, ainsi qu’un état-major particulièrement incompétent.

Si le premier ouvrage est principalement consacré à l’odyssée de Chip (lui-même un clone, soumis à l’indenture et engagé plus ou moins de force) à travers le territoire ennemi, culminant avec l’assaut du nid principal à bord d’un tracteur rempli d’explosifs et d’alcool fort, le deuxième (spoiler: ils s’en sortent) est plus axée sur les machinations politiques que vont déclencher la victoire inopinée remportée par la fine équipe et ses plans débiles dignes de PJ moyens.

Si vous cherchez de la grande SF, passez votre chemin! Baen Books, l’éditeur, est un peu l’équivalent de notre Fleuve Noir Anticipation de la grande époque. Cela n’empêche pas des publications de bonne tenue (la saga Honor Harrington, par exemple), mais c’est quand même pour beaucoup du roman de quai de gare (avec des couvertures moches à pleurer). Dans le cas de Rats, Bats and Vats, vu la taille des pavés (environ 500 pages pièce, écrit petit), ça implique quand même un gros trajet en train.

L’écriture est correcte, drôle et nerveuse, mais avec quelques tics qui reviennent un peu trop souvent. On y retrouve la détestable habitude qu’on pas mal d’auteurs anglais de retranscrire les accents des protagonistes, ce qui peut rendre un texte déjà assez dense en un cauchemar de lecture. On retrouve également le fétichisme suspect des auteurs anglophones envers les œuvres de William Shakespeare.

Au-delà de ça, le deuxième ouvrage est plus science-fictionnesque dans sa critique sociale, montrant une utopie socialiste qui part en vrille, gangrénée par l’incompétence. Les Américains ont vraiment un problème avec le socialisme (la preuve: c’est un socialisme avec des actionnaires)…

Cela dit, si vous cherchez une série pas sérieuse du tout pour passer quelques heures à rigoler aux exploits improbables d’une bande de bras cassés, je ne peux que vous recommander d’y jeter un œil.

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