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“Ready Player One”, de Ernest Cline

Il y a des bouquins dont on achève la lecture avec une banane irrépressible ; Ready Player One, premier bouquin de Ernest Cline, est de ceux-ci. On y parle de jeux vidéo, de réalité virtuelle, de passage à l’âge adulte et des années 1980 ; ceci explique sans doute cela.

Tout commence quand, dans des années 2030 marquées par le dérèglement climatique, la crise économique, la fin du pétrole, les guerres, famines et autres catastrophes, James Halliday, fondateur de la réalité virtuelle OASIS, meurt et laisse, en guise de testament, une gigantesque chasse au trésor dont le prix est, non seulement sa colossale fortune, mais aussi le contrôle d’OASIS.

L’intérêt de Ready Player One repose sur trois éléments : un avenir proche sombre et crédible, un personnage principal attachant et une quantité spectaculaire de références populaires venues des années 1980. Après tout, qui aurait l’idée de cacher son trésor dans une version du module D&D Tomb of Horrors ?

Il y a des descriptions très enthousiasmantes de ce qu’un tel univers pourrait être, entre les vaisseaux de Star Wars, de Firefly, de Galactica et de Star Trek volant de conserve et les batailles à coups d’épées laser et de boules de feu – sans parler des robots de combat.  On y parle également beaucoup des jeux vidéo d’arcade, la version format armoire dans laquelle on mettait des sous pour jouer.

Vous commencez à comprendre pourquoi ce bouquin m’enthousiasme ? En plus, on y parle même de rock progressif.

Même s’il n’est pas clairement vendu comme tel, c’est assez clairement un roman orienté « jeunes adultes » : les protagonistes ont entre 18 et 25 ans et s’opposent à un Grand Méchant bien méchant, une multinationale qui ne recule devant rien – pas même l’assassinat IRL – pour prendre le contrôle d’OASIS.

Si je devais lui faire un reproche, c’est que tout est un peu trop linéaire : avant la confrontation finale, j’attendais un retournement qui n’est pas venu, ce qui m’a un peu déçu. Un peu, seulement. Je ne suis pas non plus fan de la façon dont un des messages du bouquin – que le monde part en vrille en grande partie parce que ceux qui devraient y changer quelque chose sont trop occupés dans les univers virtuels – est assené, mais c’est là encore mineur.

Bref, j’ai adoré ! C’est un roman très, très geek, mais nettement plus accessible que, mettons, les blagues d’unixien barbu d’un Charles Stross ou d’un Cory Doctorow (qui est d’ailleurs brièvement mentionné dans l’ouvrage, affublé d’un épithète de « vieux croulant »).

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