Redemption: This Mortal Coil

Je sens que je vais encore me retrouver en porte-à-faux avec toute la communauté prog-métaleuse sur le sujet de This Mortal Coil, nouvel album de Redemption. Après Pain of Salvation et (surtout) Anathema, je commence à avoir l’habitude (et non, je ne le fais pas exprès).

En fait, comme je l’ai déjà mentionné dans mes précédentes critiques du groupe, le gros problème avec Redemption, c’est qu’ils ont fait un album monstrueux – The Fullness of Time – et que, manque de bol, c’était sinon leur premier, du moins le premier que j’ai écouté. Du coup, tous leurs autres albums depuis me déçoivent. 

Entendons-nous bien: ce n’est pas de la déception du niveau du Hindsight d’Anathema, déjà mentionné précédemment. C’est du niveau, “oh zut! leur album est juste très bon, alors que j’attendais l’équivalent musical d’un orgasme transcendantal”.

Parce que si j’essaye de faire abstraction de mes expériences passées, This Mortal Coil est quand même un des tous meilleurs albums de métal progressif de 2011: moins avant-gardiste que A Dramatic Turn of Events (quand on parle de métal progressif ces jours, c’est dur d’éviter la comparaison), mais largement plus énervé, puissant et au service d’un concept.

C’est peut-être la force principale de cet album: il retrouve une cohérence, même si le sujet est plutôt glaçant. En effet, elle raconte le combat du guitariste Nick van Dyk contre un cancer du sang, diagnostiqué trois ans auparavant et qui ne lui laissait que… trois ans à vivre. La maladie est aujourd’hui vaincue, mais les séquelles restent – surtout le traumatisme de se voir annoncé sa propre mort.

Musicalement, on trouve les compositions complexes, mais toujours lisibles, dominées par la voix de Ray Adler (Fates Warning). Les guitares de Van Dyk et Bernie Versailles ne sont pas en reste et nous gratifient de soli très spectaculaires, auxquels se joint volontiers les claviers de Greg Hosharian. L’album faisant plus de septante minutes, les musiciens ont le temps de se défouler et ne se privent pas.

Maintenant, aussi bien fait qu’il soit, This Mortal Coil ne s’aventure pas très loin des terres habituellement fréquentées par Redemption depuis ces six dernières années. Je n’y entends pas grand-chos qui aurait pu se trouver dans un des deux précédents albums (The Origins of Ruin et Snowfall on Judgement Day). En fait, la variété vient ironiquement du CD bonus, qui contient six reprises (Elton John, Starship, Toto, Journey, UFO et Tori Amos).

Ne boudons pas notre plaisir: le métal progressif énervé de Redemption nous livre avec This Mortal Coil un album de très haute tenue. Plus de 95% des vieux cons qui écrivent des billets dans ce blog le reconnaissent.

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