Résolution open-source, six mois plus tard

Or donc, début janvier, je prenais la “bonne résolution” d’essayer plus de solutions open-source pour remplacer mes habituels logiciels. Qu’en est-il six mois plus tard?

(Indice: ce billet s’inscrit dans le cadre du défi “Summer of Fail – l’été de l’échec“.)

Disons les choses ainsi: c’est contrasté. D’une part, je n’ai pas non plus fait le grand plongeon et installé un Linuxoïde sur mon Mac. On va dire que je suis encore à tremper les orteils dans le petit bain et essayer de remplacer mes logiciels d’emploi courant: la suite Office, le navigateur, le client e-mail.

Commençons dans l’ordre: j’ai installé LibreOffice et je l’ai utilisé intensivement, puisqu’à peu près toute la ré/écriture de Erdorin a été faite dessus. Ça signifie environ 100 000 signes de réécriture et près de 250 000 autres en écriture pure. Donc, oui, c’est utilisable. Après, il y a des choses qui m’agacent, comme une gestion des feuilles de style un peu rugueuse et une tendance à avoir des formatages cachés qui sèment leur crème quand il s’agit de convertir les textes en EPUB.

Après, je dirais qu’à force de vouloir imiter Word, Writer (le composant traitement de texte de LibreOffice) souffre des mêmes défauts que lui, avec une horde de fonctionnalités qui semblent n’avoir comme unique but que de satisfaire des gens en costard. Mais bon, on s’y fait.

Pour ma navigation web, j’ai abandonné Safari pour Firefox; j’ai hésité à prendre une des versions open-source de Chrome, mais je n’avais pas envie de me retrouver avec des bouts de Google en plus. En soi, pas de problème: Firefox est un navigateur moderne et très agréable à utiliser – au détail près que, même en version finale, il a tendance à planter quand on le regarde de travers. Je soupçonne que c’est Flash qui fait des siennes, mais Safari n’avait que très rarement ce problème.

L’autre souci avec Firefox est plus à chercher du côté des récents changements de politique chez Mozilla, entre l’ajout de pubs dans les nouveaux onglets et l’adoption de la gestion des verrous numériques. Ça ne remet pas en cause mon adoption de Firefox, dans l’immédiat, mais ça m’agace passablement.

La recherche d’un client mail open-source qui fonctionne sur Mac a été beaucoup plus compliquée. Enfin, non: d’une certaine manière, c’est très simple – Thunderbird ou rien (ou alors des abominations en ligne de commande). Et Thunderbird et moi, on ne peut pas dire que ce fut l’amour fou. Pour tout dire, je l’ai renvoyé chez sa mère et j’ai relancé Mail, le client par défaut de MacOS X.

Le gros souci de Thunderbird, comme j’ai déjà dû le mentionner, c’est qu’il est à peu près aussi bien foutu qu’Eudora l’était au XXe siècle – sauf qu’on n’est plus au XXe siècle et, autant pour un traitement de texte je reviendrais bien à Word 5.1, autant pour un client mail j’attends des fonctionnalités un peu évoluées. Thunderbird a un système de filtres qui est impannable, la configuration des boîtes mail est caractérielle à mourir et le tout est somme toute assez peu élégant.

Sinon, j’ai aussi testé The Gimp en remplacement de Photoshop. Comme on dit en là par chez nous, j’ai été déçu en bien: j’avais souvenir d’une abomination mochoïde et j’ai trouvé une application certes pas particulièrement élégante, mais utilisable. J’ai renoncé à l’utiliser à cause de l’indigence de certains outils, notamment pour l’exportation en formats pour le web, mais je garde à l’esprit que ça tient la route.

Puisque je parlais d’EPUB précédemment, j’ai utilisé calibre pour la conversion de mes fichiers LibreOffice et j’ai pu m’en tirer plutôt honorablement – je crois; les experts du format ricaneront peut-être devant les résultats finaux que j’ai obtenu. De nouveau, l’application a une interface qui semble vouloir traîner dehors toutes les règles de design pour gens normaux pour les abattre dans le jardin et elle n’est pas évident à configurer (amis des expressions régulières, bonjour!), mais ça fonctionne.

J’ai aussi voulu remplacer Google Analytics par piwik et, là, j’ai trébuché sur ma malédiction personnelle: le host-your-own. Grosso-modo, je me suis aperçu qu’avant même de voir s’il y avait une chance que je puisse installer correctement le bidule, j’avais oublié un peu tous mes mots de passe sur mon hébergement. Vous volez sur Air Con, bienvenue sur nos lignes! C’est un état de fait qui me frustre énormément et il faudra que je règle cette question un jour ou l’autre.

Voilà donc un pas-si-bref bilan de six mois d’expériences dans le domaine du logiciel libre/open source. Contrasté, donc: il y a des choses qui fonctionnent bien; d’autres moins. Je reviendrai prochainement sur quelques conclusions que m’inspirent ce bilan, mais, dans tous les cas, je compte bien continuer sur ce chemin. Mais à mon rythme, on n’est pas pressé.

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Billet écrit dans le cadre du défi “Summer of Fail”

(Image par Gerd Altmann via Pixabay, sous licence Creative Commons CC0.)

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