Une résolution open-source

Tiens, puisque, la semaine passée, je vous parlais de mes pseudo-bonnes résolutions (elles ne compteront vraiment comme telles quand je les aurai réalisées), en voici une que j’ai commencé à mettre en application: l’usage de logiciels open-source. On va dire que c’est une sorte d’effet Snowden en retard…

Je sais que, vu de loin, moi, ma grande gueule et ma tendance à dauber les ayatollahs de l’open-source, j’ai plus l’air d’un haterz à la solde du Grand Capital de Redmond, Cupertino ou Mountain View. La vérité, c’est que j’aime beaucoup le concept de l’open-source. Pas tant pour trifouiller le code (au vu de mes connaissances en programmation, c’est juste une recette pour une catastrophe majeure), mais plus pour le côté transparence.

D’ailleurs, j’utilise déjà quelques programmes qui sont open-source; je ne vous ferai pas l’insulte de citer OpenBSD, qui est la fondation de MacOS X, mais je mentionnerai plus volontiers des logiciels comme WordPress (CMS) ou Adium (messagerie instantanée multiformats, dérivée de Pidgin).

Là, depuis le début de cette année, j’ai décidé d’aller plus loin dans l’expérience en remplaçant deux des logiciels que j’utilise le plus pour des versions open-source: Firefox et Thunderbird. On ne présente pas le premier, navigateur Internet né des cendres du plus que vénérable Netscape; le second est son projet-frère de client email; ils remplacent respectivement Safari et Mail, leurs concurrents intégrés par Apple dans MacOS X.

Je dois avouer que, pour le moment, je suis quelque peu circonspect. Firefox, c’est raisonnablement solide; par contre, Thunderbird me rappelle les clients mail que j’utilisais au XXe siècle: son système de filtre est mérovingien et, du coup, vouloir organiser ses boîtes et dossiers, c’est franchement l’enfer. J’ai peut-être raté quelque chose, quelque part, mais j’ai l’impression de travailler avec un produit pas fini – ce qui est ennuyeux pour une version 24.

J’ai aussi commencé à utiliser LibreOffice, pour me débarrasser de la suite microsoftienne. Là encore, j’ai mes doutes: les très mauvaises expériences que j’ai eues avec OpenOffice, notamment en ce qui concerne la gestion des styles, semblent se confirmer. Je vais continuer à m’acharner là-dessus, mais je galère méchamment à adapter proprement les anciens fichiers Word (notamment ceux d’Erdorin, sur lesquels je travaille en ce moment).

Pour ce qui est des programmes de graphistes, je veux bien tester, mais je doute que The GIMP et Scribus remplacent dans l’immédiat mes chevaux de bataille habituels que sont Photoshop et InDesign. Je vais continuer à garder un œil dessus (surtout sur Scribus, pour lequel j’aimerais bien faire une version de Tigres Volants complètement ouverte, y compris la mise en page), mais je ne me fais pas beaucoup d’illusions.

C’est déjà beaucoup (et je doute y arriver avant quelques semaines, voire quelques mois) et, en même temps, c’est peu: j’utilise encore beaucoup de logiciels, notamment des petits utilitaires, pour lesquels je ne connais juste pas d’équivalent open-source. Par exemple, Tweetdeck, que j’utilise intensément pour suivre différents flux Twitter.

De mon point de vue, passer à un environnement de travail 100% open-source est illusoire: j’ai envie de passer sous Linux comme j’ai envie de passer sous un camion et j’utilise beaucoup trop d’utilitaires ou de services qui ne le sont pas (sans même parler du matériel). Je ne sais même pas si quelqu’un (même Richard Stallmann) y arrive seulement.

L’idée est autre: voir ce qui existe en open-source, ce qui est perfectible; me faire une sorte d’état des lieux. Je ne le fais pas non plus pour gagner des Points Geek, mais plus pour avoir une assez bonne idée de quoi je parle quand je daube sur discute de l’open-source.

Au risque de me répéter, je vois l’open-source comme une philosophie – plutôt positive, d’ailleurs, en ce qu’elle met les outils de son propre contrôle et de son développement à portée de ses utilisateurs (sans mode d’emploi, mais c’est une autre idée). Je suis moins enthousiaste quand les philosophies deviennent des dogmes.

Cela dit, si vous avez des idées, profitez-en tant que je suis encore partant pour expérimenter. Ça pourrait bien ne pas durer, suivant les expériences.

(Image par opensource.com via Flickr, sous licence Creative Commons, partage dans les mêmes conditions.)

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