“Retromancer”, de Robert Rankin

Lorsque le jeune Jim Pooley, de Brentford (Grande-Bretagne), se réveille un beau matin de 1967 dans un monde où il est devenu impossible d’avoir un petit-déjeuner anglais et de la bière digne de ce nom pour cause de victoire nazie, il se dit que les choses ne sont pas comme elles devraient être, avec ce sens de l’euphémisme so British.

Fort heureusement pour lui, Hugo Rune, le Maître Parfait, aussi connu sous le nom de “Rétromancien”, vient une fois de plus le sauver pour l’emmener dans le Londres du Blitz, en 1944, pour corriger cette horrible erreur de goût. Car le destin d’Hugo Rune est de sauver le monde, en ne demandant qu’une chose: que celui-ci paye les factures de son train de vie dispendieux.

Pour le coup, le lecteur de Retromancer, roman de Robert Rankin, se voit lui embarqué dans une aventure abracadabrante à base de magie noire, d’histoire, de technologie pulp et de monstres légendaires.

Je ne sais pas trop si l’auteur a décidé, avec ce roman (et son prédécesseur, The Brightonomicon, que je n’ai pas lu), de faire une sorte d’hommage au genre pulp, mais ça y ressemble fichtrement: le mélange d’occultisme, de machines infernales, de savants fous et d’individus d’exception (quoi que pas toujours recommandables).

En revisitant un certain nombre de mythes et d’objets emblématiques de la première moitié du XXe siècle (le Titanic, Winston Churchill, l’expérience de Philadelphie, Nikola Tesla, etc.), Retromancer rappelle un peu The Authority ou les Suppressed Transmission de Ken Hite, tout en rajoutant une grosse louche d’humour absurde anglais et même de références geeks (les bières qui ont des noms de police de caractère).

Personnellement, je me suis laissé prendre au jeu de ce roman barré de la tête, plus britannique qu’un pudding de Noël – et pas forcément plus digeste. Le gros problème est que, si on ne se laisse pas prendre au style alambiqué du narrateur et aux élucubrations de l’auteur, l’ensemble risque d’être très rapidement énervant.

Il faudra que je lise le précédent, The Brightonomicon, même si ce que j’en ai lu semble dire que les deux ouvrages se ressemblent un peu trop. Mais si l’idée d’une aventure très pulp, pleine de rebondissements et d’humour absurde, à la limite de la satire, Retromancer est fait pour vous.

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3 réflexions au sujet de ““Retromancer”, de Robert Rankin”

  1. J’ai un Rankin dans mes étagères depuis longtemps, mais je ne me suis jamais encore lancé dans sa lecture. Le style humoristique n’est pas facile et je me méfie un peu. Mais ta critique est plutôt encourageante.

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    • Je l’ai trouvé sympa, mais je soupçonne qu’à la longue, c’est un style qui peut fatiguer. De même si on est allergique au British caricatural.

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      • Ouaip, c’est ma crainte. J’ai lu un certain nombre de livres de Tom Holt, c’est pareil. Faut pas en lire trop souvent, parce que ça se ressemble beaucoup.

        J’ai fini par arriver à une certaine saturation aussi avec Pratchett, mais le fait qu’il ait fallu *beaucoup* de livres pour en arriver là donne, pour moi, une mesure de son talent.

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