Saille: Irreversible Decay

Si même les Belges se mettent au black-métal mélodique, où va-t-on? En fait, on va vers de bonnes nouvelles, car Irreversible Decay, premier album de Saille, sans révolutionner le genre, est plutôt bien fait. Le sextet sait jouer sur les contrastes, entre les beuglantes et les guitares hystériques du black métal et les parties beaucoup plus mélodiques, avec guitares acoustiques et violons; personnellement, mon cœur de prog-head penche plus vers les secondes que les premières.

Au reste, il ne faut pas très longtemps pour comprendre le style: l’intro “Nomen” suivie de “Passages of the Nemesis” suffit pour poser l’ambiance: la subtilité mélodique est là pour renforcer le bourrinisme métaleux, et vice versa. Les parties métal bénéficiant d’ailleurs d’un accompagnement au clavier très aérien qui apporte une touche de légèreté à l’ensemble.

Si l’ensemble de l’album n’apporte pas grand-chose de nouveau au genre – ou, à tout le moins, ce que j’en connais – certains morceaux (comme “Plaigh Allais”) ont une construction passablement alambiquée, à la limite du progressif, alternant en moins de cinq minutes des ambiances diverses dans un tout surprenamment cohérent. On notera aussi “The Orion Prophecy” avec ses chœurs sépulcraux ou l’ambiance médiévalo-malsaine de “Maere”.

Avec Irreversible Decay, Saille signe un très bon premier album qui, s’il manque dans son ensemble d’originalité, fait montre d’un savoir-faire qui laisse présager des suites plus intéressantes. Recommandé aux amateurs de black métal mélodique, potentiellement à suivre pour les âmes plus sensibles.

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