Scarlean: Ghost

Scarlean: Ghost

Il y a quelques temps – deux ans et demie, une paille – je vous avais servi une petite chronique sur la démo du groupe valençois Scarlean, qui balançait un métal progressif influencé par Tool, plutôt pas mal. Aujourd’hui, le groupe revient avec un premier vrai album, intitulé Ghost et ce n’est plus vraiment le même cierge qui pleure, comme on dit vulgairement.

En deux ans et demie, le groupe a dû passer quelque temps dans l’équivalent musical d’une salle de muscu et revient avec un métal progressif technique, toujours toolien en diable, mais avec une maturité évidente et un gros son qui tabasse. Exit la démo réalisée au quatre-piste mérovingien dans le local de répète, bonjour le vrai studio et l’ingé-son de concours!

Treize pistes de taille raisonnable (autour de cinq minutes), une heure de bonne musique: Ghost est un album d’un fort beau gabarit. On pourrait dire qu’il est dans la « zone Bouton d’Or » musicale: ni trop long, ni trop court, avec des morceaux idem.

Certes, Scarlean ne réinvente pas la poudre ni l’eau chaude sur cet album: sans donner dans la copie carbone, leur métal progressif est loin d’être original. L’absence prolongée de l’original a fait fleurir pléthore de groupes aux influences tooliennes et celui-ci est plus dans la continuité de cette tradition que dans la rupture.

On peut le regretter, mais on peut aussi s’attacher au fait que ce n’est pas exactement de la musique recommandée aux débutants et que, dans le genre, Scarlean fait montre d’un évident savoir-faire.

Le défaut principal de Ghost est peut-être par contre à chercher du côté d’une tendance à s’essouffler sur la distance, passés des morceaux de très haut niveau comme « Between the Lines » ou « Miracle Lovers ». Je me demande si ce n’est pas un effet secondaire du manque d’originalité, d’identité propre, qui donne l’impression à la longue d’avoir affaire à de la redite.

Mais, pour un premier « vrai » album, Ghost est impressionnant de maîtrise et d’intensité. Scarlean s’y révèle comme un nouveau groupe à suivre sur la scène française et, si les albums suivants se démarquent quelque peu de leur glorieux modèle, on risque fort d’avoir affaire à une sérieuse pointure en matière de métal progressif.

Il est disponible au téléchargement sur les grandes plateformes, mais on peut aussi l’écouter sur Soundcloud, pour se donner une idée.

(Par contre, c’est juste un peu moins galère pour trouver une illustration en haute résolution…)

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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