Scènes de la vie eyldarin: lèche-vitrine*

Si les personnages souhaitent renouveler leur garde-robe, acquérir une arme ou à peu près n’importe quel objet manufacturé, il va leur falloir là encore changer d’habitudes: par exemple, ce n’est pas la peine de chercher une boutique de prêt-à-porter ; il y en a peut-être une ou deux dans la zone internationale du starport de Terfalindar, mais elles ne sont fréquentées que par des touristes et ça se voit au style (moche et flashy) comme aux prix (idem).

Silestarin compte par contre quelques tailleurs tout à fait compétents, comme Syryn Ethiliar, une Eylwen plutôt traditionaliste dans son style et ses créations, mais curieuse et amicale, ou Maenan Kirias, un Atalen qui a beaucoup voyagé et qui a des idées (bien arrêtées) où l’originalité le dispute à l’enthousiasme, ce qui n’est pas toujours une bonne nouvelle. Les pensionnaires du Domaine ont leurs préférés et peuvent conseiller les personnages, suivant ce qu’ils recherchent (et s’engueuler sur le sujet). Évidemment, tous sont plutôt spécialisés dans les styles atlani ou eyldarin, mais peuvent, si on insiste, aller chercher des modèles de stylistes plus compatibles avec des goûts terriens.

Si la boutique du tailleur a toutes les apparences d’une échoppe médiévale, il ne faut pas s’y tromper : l’outillage est moderne et juste conçu pour avoir l’air ancien ; de plus, le plus gros du travail est accompli par une micro-usine spécialisée dans la confection, sur la base de modèles ensuite soigneusement personnalisés par le tailleur, qui ensuite s’occupe également des finitions.

Cela implique dans un premier temps une numérisation de la physionomie du personnage – point sur lequel le tailleur va insister, d’une part pour être certain d’avoir des caractéristiques à jour et, d’autre part, pour se rincer l’œil. Les plus prudes peuvent garder leurs sous-vêtements, mais un dicton atalen dit que les tailleurs aiment au moins autant déshabiller leurs clients que les habiller et il est fort possible que la séance d’essayage évolue rapidement vers des jeux n’ayant qu’assez peu de rapports directs avec la confection.

Quoi qu’il en soit, la création de vêtements est un processus qui dure quelques jours ; les personnages pressés feraient mieux de chercher autre chose, mais ils risquent de vexer leur interlocuteur s’ils le mentionnent. Les tailleurs aiment leur travail et, il faut dire ce qui est, ils le font bien et pas cher pour du fait-main. Par contre, suivant les relations entre le tailleur et son client, il est possible que ce dernier ait « besoin » de revenir plusieurs fois pour des retouches. Blague eyldarin. Ahem.

S’ils souhaitent acheter une arme, même motif, même punition : pas question d’aller dans la plus proche succursale de Weapons-R-Us (qui est sans doute à quelques années-lumière) pour s’acheter une arme : il y a deux armuriers sur Silestarin, Tulias et Wylia Iljandaë, frère et sœur Ataneyldar qui (pour la galerie) se détestent cordialement, ainsi qu’Eril Jantar, une Atalen minuscule et un peu garçonne qui fait dans la métallurgie et a une passion quasi-maladive pour les armes blanches.

Petite particularité : dans le cas des armes de poing (c’est-à-dire neutralisateurs ou lance-aiguilles, seuls modèles légaux dans l’habitat), les personnages ne vont pas choisir une arme finie, mais la « mécanique », la carrosserie étant le travail de l’armurier lui-même. Ainsi, Tulias fait plutôt dans l’arme de chasse et est accessoirement un ébéniste très compétent, tandis que Wylia est joaillière de formation et s’est spécialisée dans les bijoux-surprises (elle propose aussi des communicateurs selon le même modèle et est agréée pour créer des parsivrin).

Ainsi, la visite va porter principalement sur le type d’arme souhaité, son usage et son habillage : décorations, crosse faite à la main de son utilisateur, équilibrage précis pour Tulias, là où Wylia parlera plutôt type de bijou (bracelet, collier) matériaux et pierres, laissant sa créativité faire le reste. L’air de rien, les deux vont également poser quelques questions indiscrètes sur les intentions des personnages et répercuter leurs réponses à la milice de Silestarin ; cela ne fait pas partie de leurs attributions de base, mais c’est le genre d’obligation civique tacite bien comprise chez les habitants – surtout ceux qui touchent à ce genre de sujet sensible.

Si les personnages se sentent d’humeur aventureuse, ils peuvent également tenter le marché noir de Silestarin (un peu) ou de Terfalindar (un peu plus), mais il est difficile de savoir a priori quels sont les vendeurs fiables et quels sont les mouchards de la milice – les deux n’étant d’ailleurs pas incompatibles. Tout ce petit monde interlope est concentré dans les quelques coursives du terminal de Silestarin ou autour des starports commerciaux de Terfalindar.

Hormis les quelques soutiers de passage et leurs trafics, Chen Delpietro, ancienne mercenaire des Tigres volants, est la personne à qui parler : cette eurasienne d’une quarantaine d’années a monté une petite société d’importation de produits semi-finis qui lui sert de couverture pour ses multiples trafics. C’est une personne très posée et très, très prudente ; autant dire qu’elle se méfie de nouveaux venus comme de la peste, surtout s’ils ont quoi que ce soit à faire avec la Nueva Tortuga. Elle répugne également à importer des trop grandes quantités ou des armes puissantes (genre fulgurant automatique ou lance-roquette).

Cela dit, si les personnages la convainquent de faire affaire et se montrent réglo, il est possible qu’elle fasse appel au Domaine pour des négociations.

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Scènes de la vie eyldarin: faire son marché*Scènes de la vie eyldarin: dans le bain*

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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3 réponses

  1. MJ dit :

    Tiens, dans le gendre achat d’armes, mes PJs ont favorisé l’importation : contacte avec la Kash and Kill oblige. Ils se sont donc fait livrer des briquets fourrés à la charge de démolition avec lesquels ils ont ricané pendant toute la suite de la campagne.

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