Scott Pilgrim

Je ne sais pas si le film Scott Pilgrim vs. The World sera bien, mais sa bande-annonce aura en tous cas eu pour effet de me faire acheter l’intégrale de Scott Pilgrim, la bande dessinée du canadien Bryan Lee O’Malley sur laquelle il est basé. Ça et les articles dithyrambiques parus sur divers sites que je fréquente.

Scott Pilgrim est un post-ado canadien, qui joue de la basse dans un groupe de rock et sort avec une lycéenne de 17 ans. C’est un gros branleur, jusqu’à ce que sa route croise celle de Ramona Flowers, livreuse en rollers: c’est le coup de foudre. Sauf que, pour gagner son cœur, Scott devra défaire en combat singulier (très singulier) ses sept ex maléfiques.

Scott Pilgrim – la bande dessinée, donc; d’où les italiques – emprunte un peu au style manga pour son format et un certain nombre de ses codes graphiques, mais avec un style beaucoup moins léché que le manga traditionnel. On est plus du côté de la BD underground US. Elle emprunte également énormément aux jeux vidéos 8-bit avec ses gros pixels, ses objets magiques et ses points d’expérience.

Le truc, c’est qu’avec son côté jeu vidéo barré à base de bagarres épiques contre des adversaires improbables, Scott Pilgrim raconte surtout le passage vers quelque chose qui ressemble à l’âge adulte pour un personnage qui refuse de grandir; Scott est un branleur de classe internationale qui, à 24 ans, squatte chez son pote gay et vit aux crochets d’un peu tout le monde; il a tendance à fuir à la première contrariété et le fil conducteur de l’histoire est comment son amour pour Ramona va le transformer en un individu à peu près décent. C’est un peu Peter Pan (dans ta gueule) pour la génération consoles, mâtiné soap opera avec sa palanquée de personnages secondaires et de relations croisées.

Je dois avouer que j’ai des sentiments mitigés par rapport à cette série. Je soupçonne qu’il y a, comme pour d’autres trucs récents, le sentiment qu’on me l’a survendu: c’est pas mal, mais ce n’est pas l’œuvre séminale d’une génération, la bédé ultime des enfants de l’Internet. Je soupçonne également que je ne suis pas vraiment le public-cible, vu que je n’ai pas loin du double de l’âge moyen des protagonistes; les “consoles” de mon enfance s’appelaient Atari 2600 ou Commodore 64.

Il y a également le fait que, malgré mes efforts, je n’ai pas encore atteint le niveau d’Isa dans l’art de lire des mangas tout en regardant la télé. Scott Pilgrim, c’est quand même six volumes (le dernier, comme dans “c’est fini”, étant sorti le mois passé) de 256 pages; même au format manga, ça fait de la masse à lire. Et je dois bien avouer que j’ai allègrement sauté un certain nombre de pages d’atermoiements juvéniles. Comme on dit sur Internet, tl;dr.

Malgré tout, j’ai apprécié la lecture de Scott Pilgrim. Malgré mon âge vénérable (je me rappelle encore comment c’était avant Internet; c’est dire!), je me suis trouvé à rire souvent à certaines des sorties et références et, somme toute, l’histoire générale et son traitement décalé tiennent bien la route. Sans nécessairement le recommander à tout un chacun, je vous conseille néanmoins d’y jeter un œil, ça ne mange pas de poutine.

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9 commentaires sur “Scott Pilgrim”

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