Serenity: Death & Legacy

Troisième album du groupe autrichien de métal symphonique Serenity, Death & Legacy me paraît nettement plus épique que les précédents. Ce n’est pas nécessairement une bonne chose, car souvent, « épique » rime avec « grotesque » (bon, ça ne rime pas vraiment, mais vous voyez ce que je veux dire) à force de surenchère. Fort heureusement, dans le cas présent, on n’en est pas là et le résultat final est plutôt positif.

Un des côtés que j’aimais bien dans les précédents albums de Serenity, c’était une certaine approche apaisée dans la musique, faisant contrepoint à l’emphase du style métal symphonique, comme pour leur inspiration majeure, Kamelot. Force est de constater qu’avec Death & Legacy, l’épique domine – parfois au détriment du bon goût comme le prouve la pochette kitschissime (que celui qui a pensé « biclassée guerrière-mage » se dénonce!), qui n’a pas vraiment de rapport avec le concept « personnages célèbres » de l’album (en fait, il paraît que c’est l’Ange de la Mort, qui symbolise leur héritage; si vous le dites…).

Je ne sais pas s’il faut déplorer que le groupe rentre dans le rang d’un métal symphonique, de type à chanteuse (avec les interventions des chanteuses de Delain, Epica et Sirenia sur quatre des seize – oui, seize! – morceaux) ou s’il faut se réjouir du fait que Serenity se décide à se détacher quelque peu de son modèle. Au vu de l’ensemble de l’album, les deux points de vues sont valables: il y a dans Death & Legacy autant de morceaux que ne renieraient pas Kamelot et autant de métal symphonique épique à grand spectacle, à commencer par l’intro grandiloquente « Set Sail to… » – « New Horizons ».

Cela dit, si l’on compare, mettons, avec un Rhapsody of Fire ou même un Blind Guardian, Serenity est quand même un ton en-dessous dans le grandiloquent. Il y a de la retenue, un soupçon de sobriété qui n’est pas fait pour me déplaire. Bon, pas toujours: les arrangements symphoniques abondent, et des titres comme « The Chevalier » (en duo avec Ailyn, de Sirenia) rappellent que quand il s’agit de faire dans le spectaculaire, Serenity ne craint pas grand-monde.

Même s’il se dégage de l’ensemble une impression persistente de déjà-entendu, Death & Legacy constitue un album tout ce qu’il y a de plus écoutable pour qui supporte l’épique à grand spectacle. Ça ne révolutionnera pas le genre et les canards à trois pattes peuvent dormir sans crainte pour leurs membres inférieurs, mais pour du métal symphonique, c’est du très bon, distillé par un groupe qui maîtrise son sujet et va peut-être ainsi sortir de l’ombre de son glorieux modèle.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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