Serenity: Lionheart

Serenity: Lionheart

En règle générale, j’avoue volontiers une tendresse coupable pour les albums de power-metal symphonique, malgré tout leurs aspects kitsch et leurs claviers « pouët-pouët-licorne » – selon l’expression d’une amie. Pourtant, j’ai du mal avec Lionheart, dernier opus en date de Serenity.

Le souci ne vient pas tant de la musique, les Autrichiens étant à fond dans leur style habituel et réussissant de très belles performances, mais plus dans le concept de cet album, qui fleure un peu trop l’hagiographie d’un roi-croisé qui, objectivement, a surtout contribué à ruiner son pays.

Treize pistes, cinquante-cinq minutes: Lionheart n’est pas un petit gabarit. Ce n’est pas un monstre non plus – on échappe déjà aux morceaux de plus de six minutes – et l’album passe somme toute plus vite que l’on ne l’aurait craint.

C’est le bon côté de cet album: si on aime le power-metal symphonique, on a des morceaux qui s’enchaînent avec aisance, un style grandiloquent mais pas trop et des musiciens qui font le job – avec conviction sinon originalité.

Lionheart contient de très belles pièces, comme « United », « Lionheart », « Eternal Victory », « Fortress (of Blood and Sand) » et le remarquable « Heaven » en duo avec Katja Moslehner. Qui plus est, musicalement, l’album a une construction solide, avec peu de passages faibles.

Le souci, c’est clairement le thème: Angry Metal Guy en dit que c’est un excellent album sur un très mauvais concept. Serenity a décidé que l’Histoire, c’était un truc chiant et que les légendes dorées, c’est plus metal. Même si ne sont ni les premiers, ni les seuls; perso, ça m’énerve.

Disons que ça m’énerverait moins si ce n’était pas sur un sujet – les Croisades – qui mériterait d’avoir un peu plus de traitement historique et un peu moins de légendes héroïques. Je veux dire, glorifier les gens qui tuent au nom d’un dieu, ça me paraît pas très malin.

Du coup, je ne suis pas très enthousiaste pour vous recommander ce Lionheart. Oh, certes, musicalement, il est sympa voire plus. Mais personnellement, le thème, son traitement historique YOLO et le côté pompeux de l’interprétation m’agace.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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