Sigur Rós: Odin’s Raven Magic

Ça faisait longtemps qu’on n’avait plus entendu parler de Sigur Rós. Correction: ça faisait longtemps que je n’avais plus entendu parler de Sigur Rós. Dire qu’ils reviennent avec ce Odin’s Raven Magic est donc doublement exagéré.

D’une part, j’avais raté Kveikur, leur dernier album, en 2013, et en plus, cet album est l’enregistrement d’un oratorio créé en 2002, et basé sur le poème islandais éponyme (modulo le fait que le nom originel est en islandais, mais bon). Réalisé à Paris en 2004, il était resté dans les tiroirs du groupe depuis plus de quinze ans.

Si vous vous attendez à du post-rock plus ou moins traditionnel, vous risquez d’être surpris: Odin’s Raven Magic est donc un oratorio, une composition orchestrale proche de la musique liturgique. On y trouve cependant quelques pointes d’instrumentation électrique.

Avec soixante-six minutes et huit compositions, qui atteignent ou dépassent les dix minutes à trois reprises, Odin’s Raven Magic est encore un album long. Il est également sur un rythme lent, ce qui donne une impression de longueur encore plus grande.

Long, certes, mais pas longuet. Certes, il faut se laisser prendre au jeu de cette œuvre crépusculaire – littéralement, puisqu’elle parle de la fin des temps. Il faut aussi avoir le goût des compositions orchestrales.

Mais Odin’s Raven Magic n’est jamais banal. Les atmosphères évoluent, avec quelques trouées lumineuses comme « Dvergmál ». La musique est ponctuée par les chants de Hilmar Örn Hilmarsson et Steindór Andersen, ainsi que l’immense marimba de pierre de Páll Guðmundsson. Jonsí, le chanteur de Sigur Rós, intervient également sur quelques compositions avec sa voix si particulière.

Le seul point noir – littéralement – de cet album, c’est une pochette que je trouve personnellement peu inspirée. Dans le thème, certes, mais trop « je découvre les dégradés sur Illustrator » à mon goût. Vous admettrez que ce n’est pas capital, comme défaut.

Odin’s Raven Magic est un album surprenant – pas tant que ça quand on connaît un peu Sigur Rós. Son côté liturgique est parfois minimaliste, mais l’ensemble recrée une ambiance de fin des temps qui enfonce tous les black-metaleux du monde.

Mes remerciements vont, une fois de plus, à Totoromoon, pour avoir attiré mon attention sur la sortie de cet album – la veille de Noël, ça ne s’invente pas. Il est dispo sur Bandcamp et je vous en conseille l’écoute.

Bonus: la vidéo de « Dvergmál », avec l’impressionnant marimba de pierre

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2 réflexions au sujet de “Sigur Rós: Odin’s Raven Magic”

  1. Sigur Ros a toujours composé des trucs zarbis mais là j’ai décroché dès le second morceau. Tant qu’à écouter un oratorio, je choisis Bach. D’auto que le coté Mike Oldfield sur la marimba m’insuporte. Mais pourquoi tant de haine ? 😉

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