Sirk: Enter the Sirk:Us

Sirk: Enter the Sirk:Us

Parfois, la vie de chroniqueur musical est rude. Parfois, on se retrouve à chroniquer l’album d’un groupe fort sympathique, mais qui ne tient pas toutes ses promesses. En l’occurrence, Enter the Sirk:Us, premier album du groupe français Sirk – comme son nom l’indique.

J’avais croisé Sirk lors du concert d’Anima Mundi à Chambéry, dont ils avaient assuré une première partie très honorable. Groupe originaire d’Aix-les-Bains, ils proposent une musique qui s’inspire à la fois du metal progressif et du néo-prog, un peu entre Dream Theater et Marillion.

Enter the Sirk:Us contient, mis à part un jeu de mot, quatre pistes. Ce qui peut paraître léger si on oublie qu’il s’agit de prog et que le plus court des morceaux dure six minutes. Et le plus long, vingt-sept. Voila.

Quelque part, cet inventaire des pistes contient en lui les germes des réserves que j’ai sur cet album. Pour faire simple, Sirk est un groupe qui a plein de bonnes idées, ce qui est plutôt positif, mais qui a tendance à vouloir en empiler entre douze et trente par morceau.

En conséquence, j’ai une impression de décousu et d’overdose à l’écoute de cet album – un peu la même que j’avais eue lors du concert, d’ailleurs. Même « The Box and the Anthill », qui est la première et la plus courte des compositions, donne l’impression d’être née de la collision entre trois morceaux normalement constitués.

Je ne veux pas jeter la pierre au groupe. Non seulement parce que je les connais (et, comme ils m’ont envoyé le CD par la poste, ils savent où j’habite), mais également parce que je vois dans ce Enter the Sirk:Us le « syndrome du premier album »: beaucoup de bonne volonté, beaucoup d’enthousiasme, des bonnes idées en rafale et les compétences pour les mettre en musique, mais une envie de faire l’album parfait sans avoir forcément la maturité nécessaire.

En clair, ça part d’une bonne intention, mais « l’élégance, c’est quand il n’y a plus rien à retirer », disait Saint-Exupéry. C’est valable dans plein de domaines, notamment artistiques. Et même pour le prog, genre baroque par excellence; trop de prog tue le prog. En conséquence, la perfection demande une certaine épure et c’est un aspect que Sirk devrait à mon avis apprendre à maîtriser.

Dans les aspects négatifs, je pourrais également citer une production qui laisse franchement à désirer et qui donne un aspect « amateur » à l’ensemble. J’ai dû monter le volume de lecture au maximum sur mon lecteur numérique pour atteindre un niveau comparable aux autres albums de ma liste de lecture.

Malgré tout cela, Enter the Sirk:Us n’est pas un mauvais album. Ce n’est même pas un mauvais premier album. Il compte quelques passages excellents et, de façon générale, il laisse transparaître les qualités certaines de Sirk. C’est un groupe à suivre et qui prouve une fois de plus l’excellence de la scène française en matière de metal en général et de metal progressif en particulier.

Et puis j’ai trouvé cool de voir apparaître certaines de mes photos dans le collage de la pochette du CD. Je sais: je suis vain. Je suis même deux fois vain, plus dix.

Pas de vidéo ni d’intégration Bandcamp, mais vous pouvez écouter l’album intégralement sur le site du groupe, ce qui est plutôt cool!

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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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1 réponse

  1. Je suis en train d’écouter l’album. Et en ce moment, c’est la piste « Stellar Drive » qui passe. On dirait par moment du Genesis époque Gabriel. Pas mal. Mais au point de me laisser tenter ? À voir 😀

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