Sleepy Hollow

Sleepy Hollow

En rédigeant il y a peu le billet sur Jack of All Trades, je me suis aperçu que je ne vous avais pas parlé de Sleepy Hollow. Ce n’est pas très malin, parce que cette série fantastique, vaguement inspirée par le film éponyme, mérite qu’on s’y intéresse.

Quand je dis « vaguement inspirée », il faut voir qu’elle reprend le concept de « Ichabod Crane contre le Cavalier Sans Tête », sauf que ledit Ichabod est un des agents de Georges Washington pendant la Guerre d’indépendance américaine, que le cavalier est un de ceux de l’Apocalypse et que le tout se déroule à la période contemporaine.

Alors, dit comme ça, je vous accorde que ça fait un peu peur, mais j’avoue que j’ai été séduit par certains des partis-pris des auteurs de la série, à commencer par le personnage d’Ichabod Crane (Tom Mison, remarquable), soldat de la fin du XVIIIe siècle balancé à son corps défendant dans nos années 2010, et son duo avec Abigail Mills (Nicole Beharie), l’adjointe du shérif, qui est nettement d’origine africaine et objectivement minuscule. La première réplique qu’il lui lance étant « oh, je vois que vous avez été affranchie. »

En fait, une bonne moitié de l’intérêt de Sleepy Hollow, c’est le côté « Ichabod Crane contre le monde moderne ». Ce d’autant plus que c’est traité avec beaucoup d’intelligence: Crane est loin d’être un imbécile et, si son nouvel environnement le surprend régulièrement, il ne fait pas l’idiot, bouche bée, devant les merveilles de la modernité. Cela dit, sa première rencontre avec les programmes de discussion coquine sur Internet est une scène d’anthologie.

La seconde moitié, c’est une histoire qui tourne autour de l’Apocalypse: la vraie, la biblique, celle avec quatre Cavaliers et la Fin des Temps. Du coup, une bonne partie des épisodes tournent autour d’artéfacts indicibles, d’évangiles apocryphes et de symbolisme franc-maçon, dans le plus pur style « histoire secrète de l’Amérique ». Je ne serais pas étonné d’apprendre que Ken Hite est consultant en douce.

Les ambiances de la Nouvelle-Angleterre, avec ses forêts brumeuses et ses bâtiments historiques (tout est relatif, mais d’un point de vue nord-américain, trois cents ans, c’est très vieux) constituent un cadre idéal aux histoires et la série bénéficie d’un casting de très bonne tenue, avec notamment John Noble (vu en savant fou dans Fringe) et le comédien Orlando Jones, impressionnant à contre-emploi.

Les seuls bémols que j’aurais à poser, c’est une épouse d’Ichabod qui ressemble un peu trop à une chanteuse de métal symphonique pour être crédible, quelques dei ex machinae brutaux et un découpage des saisons plutôt bizarre. Nous en sommes à peu près à la moitié de la seconde saison et l’histoire a radicalement changé, ce qui me rend perplexe.

Que cela ne vous arrête pas: Sleepy Hollow est une série très sympa, truffée d’inspirations fantastiques et de références historiques et soutenue par des acteurs excellents au service de personnages qui font plus que tenir la route.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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