Sœur Marie-Thérèse, tome 7: Ainsi soit-elle!

Sœur Marie-Thérèse, tome 7: Ainsi soit-elle!

Planquez les bouteilles, cachez les oinjes et, de façon générale, mettez à l’abri tout ce qui est fragile: elle revient! Elle, c’est Sœur Marie-Thérèse, dite “des Batignolles” qui, telle le messie – mais non! mais si! – revient le temps d’un septième album, intitulé Ainsi soit-elle!

Eh oui, après dix ans d’absence, la bonne sœur la plus punk de la bande dessinée franco-belge est de retour pour une histoire de jugement et de rédemption. Non, je ne plaisante pas. Contrairement à l’auteur, qui plaisante tout le temps.

Tiens, parlons-en de l’auteur, le dénommé Maëster! Comme l’explique Jésus (le concierge portugais du couvent), il a eu un gros pépin de santé ces dernières années. Gros comme un accident vasculaire cérébral, et un méchant en plus, qui l’a longtemps laissé paralysé.

D’ailleurs, cet album a été partiellement dessiné par Julien Solé, autre compère de la bande à Gotlib au sein de Fluide Glacial, également auteur de Cosmik Roger. Son style s’accorde plutôt bien avec celui de Maëster.

Ceux qui connaissent Sœur Marie-Thérèse seront en terrain de connaissance: une tonne de calembours, verbaux et visuels, par case, un humour iconoclaste borderline blasphématoire, une blinde de références et des milliards de petits détails dans tous les coins. On notera au passage quelques hommages discrets à des confrères disparus, comme René Pétillon. Maëster a senti le vent du boulet de trop près pour que ça ne laisse pas des marques.

Pour les autres, je vous conseille fortement de vous refaire d’urgence une culture – et, au passage, de vous intéresser au reste de l’œuvre de Maëster: Athanagor Würlitzer, Meurtres fatals graves et, bien entendu, les six autres tomes de Sœur Marie-Thérèse, pour faire bonne mesure. Allergiques aux jeux de mots vaseux, s’abstenir.

Ceci posé, il faut quand même dire que ce Ainsi soit-elle! n’est pas vraiment le meilleur album de la série. On peut comprendre que un tel album soit une forme de revanche sur l’adversité. Mais à force de caser une myriade de gags, on a l’impression que Maëster en fait trop.

L’épisode du procès, qui prend le plus clair du volume, est un feu d’artifice qui ne contiendrait que des bouquets finaux. On va dire que je suis un peu trop sur mes obsessions habituelles, mais je trouve que ça manque de progression, de montée en puissance. C’est tout le temps à coin et, au final, ça lasse.

Mais bon, ce n’est pas très important en regard du plaisir qu’il y a à retrouver Sœur Marie-Thérèse et son petit monde. Je ne le conseillerai pas pour débuter, mais si vous avez déjà des traces de rangers et des mégots de pétards un peu partout dans votre bédéthèque, n’hésitez pas.

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