Sons of Seasons: Magnisphyricon

L’âge, c’est quand on est persuadé d’avoir posté un billet sur un groupe et que, lorsque l’album suivant sort, on s’aperçoit qu’en fait non. Illustration par Magnisphyricon, nouvel album de Sons of Seasons, dont j’étais persuadé d’avoir chroniqué le God of Vermin l’année passée. Et pourtant, Sons of Seasons est un groupe qui a un peu tout pour me plaire, vu qu’il s’agit d’un projet impliquant Oliver Palotai, guitariste et claviers sévissant dans plusieurs groupes, dont Kamelot et Epica, et Simone Simmons, chanteuse du même Epica.

Ça fait du beau monde et, surtout, ça donne un métal à la hauteur de la rencontre, c’est-à-dire au sommet. Magnisphyricon est un album de métal progressif aux ambiances multiples: angoissantes, brutales, atmosphériques, mélancoliques, épiques et symphoniques. Rien que ça? Ben non, plus encore, en couleurs et en multiples exemplaires. Ce n’est pas exactement l’album de la demi-mesure, mais plutôt de l’ami démesure.

En fait, la clé de comparaison principale de cet album tient dans les deux noms précités: Kamelot, dont il hérite du métal symphonique tirant sur le prog et des vocaux masculins (“Bubonic Waltz” ou “Into the Void”), et Epica pour l’épique travaillé et les vocaux féminins (plutôt rares sur cet album, en fait). Mais ce serait une erreur de le résumer à cela: on trouve également dans ce Magnisphyricon des morceaux de pur métal progressif à la Pain of Salvation ou Evergrey, comme “Casus Belli I: Guilt’s Mirror”.

La surprise vient surtout de quelques éléments plus furieux comme sur “Tales of Greed” ou “Lilith”, avec les vocaux hargneux de Henning Basse (impressionnant de maîtrise dans tous les registres) en contrepoint d’une musique épique, ou les bizarreries électro-pop sur “Sanctuary”. Sons of Seasons n’hésite pas à expérimenter, quitte à désarçonner quelque peu l’auditeur, même si au final l’ensemble de l’album garde une cohérence certaine.

Du coup, je regrette vraiment de ne pas avoir chroniqué God of Vermin, parce que Magnisphyricon est dans la ligne de cet album, mais en poussant encore plus loin le style propre de Sons of Season. Ce n’est pas tous les jours que l’on tombe sur un projet impliquant deux grands noms d’un style musical et qui arrive à en transcender le style pour faire quelque chose qui ait sa propre identité, un tout plus grand que ses parts.

Magnisphyricon est une des premières vraies grandes surprises de 2011, un excellent album de métal progressif empruntant au symphonique. Recommandé grave!

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