"Sovok", de Cédric Ferrand

“Sovok”, de Cédric Ferrand

Dans un Moscou déglingué, à l’horizon 2030, Méhoudar, jeune infirmier originaire du lointain Birobidjan, intègre une équipe de vétérans qui sillonnent les couloirs aériens à bord de leur ambulance volante. C’est sa première semaine et c’est le point de départ de Sovok, le nouveau roman de Cédric Ferrand.

En fait, plus que les trois protagonistes dans leur vieille Djigouli – l’ambulance volante – capricieuse, c’est Moscou qui est le véritable protagoniste de ce roman: la ville et son petit peuple. Un quotidien fait de privations, de débrouille, de bureaucratie, de corruption, de résignation et de révolte. Un monde pourri jusqu’à l’absurde, où les femmes et les hommes surnagent.

C’est en même temps ce qui fait la force et, d’une certaine manière, la faiblesse du roman: la toile de fond devient facilement plus importante que la trame du récit.

Il y a bien l’histoire des ambulanciers, la “petite” histoire et, dans le même temps, un bazar politique un grande échelle qui implique la disparition suspecte du président corrompu et des troubles à grande échelle, mais ces deux narrations marquent le pas face aux tracas du quotidien moscovite.

On a le distillateur clandestin dont la cambuse explose, le garagiste qui perd les pédales, le couple de vieux qui agonise dans un quartier en ruine, les implants médicaux qui déconnent, les prothèses qui tombent en panne et, bien entendu, les hôpitaux surchargés qui achètent les clients aux enchères.

Du coup, même si je suis un gros fan du contexte – qui me rappelle furieusement la sovtech de Tigres Volants et qui, en même temps, est subtilement uchronique – j’ai du mal à me passionner pour les personnages et pour l’intrigue.

Cédric Ferrand semble avoir un goût pour les ambiances déglinguées et il les rend excellemment bien. Il n’empêche que j’ai trouvé Sovok un ton en dessous de Wastburg, qui avait un côté choral qui finissait par tisser une vraie intrigue. Ici, cette dimension manque un peu, mais ça n’empêche pas que c’est un roman très plaisant.

Si j’avais de l’humour, je dirais que Sovok ferait un très bon univers de jeu de rôles. Les vieux briscards qui lisent ces lignes savent que Sovok est, à l’origine, un jeu de rôles.

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