Space Reich, tome 1: Duel d’aigles

Space Reich, tome 1: Duel d'aigles

Ce n’est pas sans hésitation que j’ai acheté le premier tome de la bande dessinée uchronique Space Reich, intitulée “Duel d’aigles”. L’hésitation provenait du fait qu’on y retrouve au scénario Richard D. Nolane, également auteur de Wunderwaffen. Pas que j’ai quoi que ce soit contre le bonhomme, mais je sature franchement sur le folklore nazi.

Du coup, j’avais un peu peur avec Space Reich de me retrouver avec une histoire aux mêmes couleurs nauséabondes – rouge, noir et blanc avec des croix très moches – que la couverture de ce premier tome le laissait présager. Bonne surprise: ce n’est pas le cas.

L’histoire commence début 1941, alors que le président Charles Lindbergh prend ses fonctions et promet une Amérique isolationniste. L’Allemagne nazie a alors le champ libre pour écraser l’URSS et inféoder la Grande-Bretagne, notamment grâce aux fusées de Wehrner von Braun.

À ce stade de l’histoire, l’uchroniste sérieux change généralement trois fois de couleur et commence à hurler des imprécations à base de chauves-souris extra-terrestres de l’espace, l’œil injecté et la bave aux lèvres. Bien fait pour lui: un uchroniste sérieux ne lit pas de bandes dessinées!

À la vérité, j’ai trouvé ce premier plutôt agréable. On y découvre une course à l’espace inversée, avec d’un côté un von Braun toujours nazi et, de l’autre, Sergueï Korolev et Jacques Bergier travaillant pour les Américains. Bon, il y a la présence de Jacques Bergier, un personnage que j’aime bien et qui est un des esprits les plus barrés du XXe siècle. Ça aide.

Je suis moins fan du dessin de Marko Nikolic, qui ressemble pas mal à celui de Maza (le dessinateur de Wunderwaffen, crédité ici du storyboard), mais avec des traits encore moins marqués. Cela donne une sorte de réalisme mou assez peu attirant. Ce n’est pas trop gênant dans l’ensemble, mais ça gâche un peu quand même.

L’un dans l’autre, on a ici une bande dessinée qui est agréable à lire, pour peu qu’on prenne soin de suspendre son incrédulité sur la patère à l’entrée. L’histoire tient plus de la chronique que de l’action trépidante (elle s’étale ici sur presque sept ans), mais elle est intéressante et laisse présager du bon pour la suite.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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