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Stalag IIB: Après la guerre

Stalag IIB: Après la guerre

Ça fait à peu près deux ans que je dois chroniquer le troisième et dernier tome de la bande dessinée (auto)biographique de Tardi, Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIb. Question de motivation, mais aussi parce qu’une première lecture m’avait un peu laissé perplexe.

Intitulé Après la guerre, ce troisième tome raconte pourtant un aspect peu connu – probablement parce que peu reluisant – de l’histoire de France. Seulement, la façon dont il est écrit est difficile à suivre.

Tardi reprend donc le fil de l’histoire de son père, rentré enfin du stalag chez lui, à Saint-Marcel-lès-Valence, près du Mont-Ventoux. Il y retrouve son épouse, qui l’a attendu cinq ans, et essaye de reprendre le cours de sa vie. Mais est-ce seulement possible?

C’est à ce moment que l’histoire de Stalag IIB prend un tour autobiographique: l’auteur naît à Valence fin août 1946. L’enfant qui accompagnait le récit de son père s’ancre enfin dans la réalité. Et, pendant quelques cases, on a même un dialogue entre les deux enfants.

René, le père, rempile dans l’armée et se retrouve plusieurs années en Allemagne, au sein des troupes d’occupations françaises. C’est l’occasion de décrire l’après-guerre non seulement en France, mais aussi en Allemagne: villes rasées, soldatesque partout, mais somme toute peu de points de contact entre la population militaire occupante et les habitants.

On y retrouve le trait de Tardi, mélange entre réalisme et naïveté. J’ai particulièrement noté l’usage de la couleur: la plupart de l’ouvrage est en bichromie, noir/blanc plus rouge, mais parfois quelques autres couleurs bondissent hors des cases.

Là où j’ai eu beaucoup de mal, c’est que la première moitié du bouquin est constellé de digressions historiques et de flashbacks. C’est toujours en rapport avec la narration, mais ça casse souvent le rythme.

On sent aussi que Jacques Tardi règle ici pas mal de comptes avec sa famille, avec l’armée et avec la guerre. Ce n’est pas très étonnant quand on connaît, même à minima, le reste de son œuvre. On voit aussi que ça ne vient pas de nulle part.

Finalement, dans ce troisième tome de Stalag IIB, la guerre est toujours présente, mais en filigrane. Elle marque profondément les vies qu’elle touche. Même si elles arrivent parfois comme un cheveu sur le soupe, les digressions mettent aussi en lumière l’enchaînement de circonstances qui, de boucheries en boucheries, a mené à la Deuxième Guerre mondiale.

Même si je suis moins convaincu par ce tome que par les deux précédents, il conclut une œuvre impressionnante, qui montre la guerre à travers les yeux d’un des innombrables soldats qui l’ont plus subi que menée.

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2 commentaires sur “Stalag IIB: Après la guerre”

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