Stalag IIb: Mon retour en France

Stalag IIb: Mon retour en France

Ce deuxième tome de Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIb, intitulé Mon retour en France parle beaucoup de retour et, au final, assez peu de France. Cette bande dessinée biographique de Jacques Tardi sur son père est une immersion dans le quotidien des prisonniers de guerre français dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale.

Et, comme toutes les immersions, on en ressort avec une impression d’étouffement. Le premier volume se terminait avec les prisonniers quittant le Stalag IIb, en Prusse orientale, devant l’avancée soviétique. Pendant plus de trois mois, ils vont traverser à pied presque toute l’Allemagne, témoins de la fin du Troisième Reich entre normalité presque surréaliste et dévastation.

C’est un ouvrage dur, très dur. Je doute que quiconque ayant lu le premier tome ait envie de faire la moindre comparaison avec Papa Schulz et celui-ci évoque plus l’Enfer de Dante que la 7e Compagnie au clair de lune. C’est une marche ponctuée par les exactions de la chiourme, les privations, la maladie, les parasites et, parfois, les aléas d’une guerre qui se rapproche de plus en plus.

La narration est toujours aussi étonnante, avec René, le père, qui porte son regard désabusé sur les évènements a posteriori et, à ses côtés, son fils Jacques, à la fois enfant naïf et narrateur omniscient, mais qui ne peut s’empêcher d’être horrifié par ce qu’a pu faire son père pour survivre. La grande et la petite histoire se confrontent à toutes les pages.

On ne pourra pas manquer que le dessin, en lavis d’encre de Chine tout du long, repasse en couleur dans les dernières cases, celles du retour en France proprement dit. Au reste, cette fin n’en n’est pas réellement une, puisqu’un troisième tome est prévu, dans lequel René Tardi racontera son retour en Allemagne, bien plus tard.

Si on s’intéresse à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et qu’on n’a pas peur d’affronter ses aspects les moins glorieux – doux euphémisme – ce deuxième tome de Stalag IIb tient toutes ses promesses. C’est une digne suite de l’excellent premier volume.

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