Star Trek: Enterprise

Chaque franchise a son mouton noir; pour Star Trek, c’est sans doute Enterprise, une série en quatre saisons qui s’intéresse au tout premier vaisseau hyperluminique terrien portant le fameux nom (mais pas encore l’immatriculation NCC-1701). Personnellement, je l’aime bien; par certains côtés, elle est à l’opposé de la série originelle et, par d’autres, pas du tout. Le côté amusant, c’est de voir non pas un vaisseau rutilant, bénéficiant d’un siècle d’avancées technologiques, mais un prototype mal dégrossi, lancé en catastrophe avant même ses essais opérationnels et dont l’armement principal est encore dans ses cartons. C’est aussi un équipage de pieds-tendres qui débarquent, la bouche en cœur, dans un univers qui n’est pas toujours amical.

Cela dit, ça reste du Star Trek: par beaucoup de côtés, c’est toujours de la science-fiction pour enfants sages, naïve au possible, avec ses extra-terrestres qui se caractérisent principalement par des couleurs de peau exotiques et/ou des protubérances faciales variées et ses planètes monoclimatiques. Même si quarante années de développements scénaristiques sont passées par là depuis la série originelle, on est loin de l’approche crasseuse d’un Firefly (pour donner un nom au hasard) où les protagonistes sont à peu près tous gris, avec des nuances variables. Ici, les héros sont des héros, même s’ils ont leurs moments de doute et leurs faiblesses; on est plus près d’une ambiance pulp (remise au goût du jour du XXIe siècle) que d’une quelconque prétention au réalisme.

En même temps, c’est un peu marqué dessus, donc on ne va pas se plaindre trop fort. Et, pour autant, la série est plutôt plaisante, avec les deux premières saisons consacrées aux débuts de l’exploration interstellaire terrienne et aux interactions entre les différents membres de l’équipage.

Scott Bakula, qui au passage a dû réaliser là un rêve de gosse pur sucre, interprète avec conviction le capitaine Jonathan Archer et s’engueule régulièrement avec l’officier vulcain T’Pol (Jolene Blalock), bimbo surpulmonnée de service qui, fort heureusement pour elle, gagne en épaisseur dramatique (en plus qu’anatomique) au fil des épisodes.

D’ailleurs, de façon générale, j’ai trouvé les personnages d’Enterprise en moyenne bien plus intéressants que ceux des autres séries de la franchise: moins lisses, avec leurs petites manies et leurs caractères bien à eux; ce n’est certes pas les cas sociaux de Firefly ou même de Babylon 5, mais ça permet des interactions un peu plus franches et moins cliché.

Au cours de la troisième saison, l’équipage doit aller explorer un secteur spatial extrêmement hostile à la recherche d’une race extra-terrestre qui veut détruire la Terre. C’est la saison “plein la gueule pour pas un rond”, dont le vaisseau revient plus ou moins en slip considérablement roussi. La quatrième et dernière saison, passablement décousue, sert principalement à faire la jonction a posteriori avec la série originelle, mais compte cependant une perle avec le double épisode de l’univers-miroir, dans lequel les acteurs semblent prendre un réel plaisir à 1) jouer des salopards de première force et 2) porter les costumes ridicules de la série originelle.

Un des trucs que j’ai bien aimé dans la série dans son ensemble, c’est qu’elle profite du fait que c’est une prequel pour faire quelque chose de plus moderne: on est cent ans avant le monde idéal du Star Trek des années 1960, sur une planète qui sort à peine d’une guerre majeure et qui est en proie à la xénophobie suite à la quasi-tutelle vulcaine et (dans la troisième saison) à une attaque extra-terrestre. Pour les rôlistes, c’est un contexte idéal, ancré dans un “canon” contextuel qui lui donne une assise solide, mais libéré de celui-ci par la distance temporelle, et qui fait face à une situation extrême: la découverte d’espaces inexplorés, potentiellement hostiles, à bord d’un vaisseau expérimental encore plus caractériel que son équipage.

Vous voilà prévenus: Star Trek: Enterprise (ou plus simplement Enterprise pour les deux premières saisons) est une série amusante et attachante, malgré ses (nombreux) défauts – le moindre n’étant sans doute pas les fans de la série originelle, façon “djihad bleu trekkie”, qui ne manqueront pas une seule occasion de la dauber. Rien que pour ça, ça vaut la peine de la regarder.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

Vous aimerez aussi...

2 réponses

  1. Bbs dit :

    T’as gagné, j’ai une décharge de phaser à ton nom!

    Et sinon, quant tu passe par Monthey (et avant que je te désintègre), dis moi, je ferais une one-shoot «entreprise» rien que pour toi!

    Gene hakbar! Jihad! Ma parole, mon voyager sur tes twin towers!

    • Alias dit :

      Je ne sais pas pourquoi, mais Akismet a classé ton commentaire comme “indésirable”. J’ai hésité à approuver. 🙂

      Mais bon, j’assume. Cela dit, dans le contexte, je me méfie de l’expression “one shot”.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :