« Storytelling », de Christian Salmon

Il y a deux raisons qui m’ont poussé à lire Storytelling, de Christian Salmon: d’abord et surtout de bons retours (François et Jess, via des commentaires d’un article mentionné ci-dessous, mais sans doute aussi Un lecteur?) et, ensuite, un titre qui me titille quelque part la fibre rôliste.

Autant le dire tout de suite: dans l’ouvrage, c’est le premier aspect qui est envisagé. Cet essai, sous-titré La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, traite de la narration en tant qu’outil de marketing, d’abord traditionnellement économique, puis socio-politique.

La thèse centrale de l’ouvrage, c’est de montrer comment on est passé d’une approche empirique et rationnelle à une utilisation de concepts tels que « l’histoire commune » dans la gestion d’entreprise et dans le marketing, puis dans une approche de la politique qui ne vend plus des programmes politiques basés sur des faits rigoureux, mais sur une sorte de mythologie.

C’est évidemment le volet socio-politique de l’ouvrage qui est le plus intéressant, parlant surtout de Georges W. Bush et de son conseiller, Karl Rove (et sa fameuse citation « We’re an empire now, and when we act, we create our own reality« ), mais s’intéressant également, dans la conclusion et la postface de l’ouvrage, à la campagne présidentielle française de 2007 – et les limites de cette approche, dans ce cas précis.

Je pourrais également mentionner l’UDC, qui tend à utilise en Suisse des méthodes similaires, en « vendant » (très cher) à ses électeurs la légende d’une patrie sublimée. Les mécanismes sont les mêmes.

S’il est dans l’ensemble et dans le fond très intéressant, Storytelling pêche peut-être par une certaine superficialité. Ceux qui s’intéressent à la politique n’apprendront sans doute rien de très nouveau au long des 240 pages, mais l’ouvrage me paraît être une excellente introduction au concept.

Quant aux passionnés de jeuderôlogie, je crains que ce ne soit pas le sujet – encore que des auteurs et MJ retors peuvent y trouver d’utiles inspirations pour des cabales politiques tordues…

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

Vous aimerez aussi...

2 réponses

  1. Un lecteur dit :

    Je l’ai lu mais je m’aperçois que j’ai pas fait de fiche car ma lecture est antérieure au blog. Dans mon souvenir, seuls deux chapitres étaient vraiment intéressants, le reste s’enlisant dans des considérations anecdotiques.
    La chose amusante, c’est qu’il passe son temps à citer (à tort semble t il) les travaux d’Eddie Soulier, avec lequel j’ai eu la chance de travailler peu après.
    Un lecteur Articles récents…Jours de désespoir, jours de colèreMy Profile

  2. Roboduck dit :

    De manière générale, j’ai trouvé qu’il y avait abus de citations dans ce livre, ce qui pénalisait la lecture. Mais j’ai bien aimé, sinon.
    Roboduck Articles récents…La vie des autresMy Profile

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge

%d blogueurs aiment cette page :