Sur nos monts quand Hadopi…

Profitant de la quasi-actualité patriotique (la Fête national suisse, c’est lundi; je le signale aux incultes et autres Français qui liraient ces pages), je reviens ici sur le dernier billet en date de mon confrère en écologie, rôlisterie et geekitude Fred H, intitulé La Suisse veut copier Hadopi.

En Suisse, on est un peu lents. Du coup, les mauvaises idées de nos voisins, on y pense un peu en retard, quand même eux sont en train de s’apercevoir que non seulement c’est une mauvaise idée, mais en plus c’est une mauvaise idée qui ne fonctionne pas.

Témoin Hadopi, le grand foutage de gueule internet du moment en France, censé surveiller les méchants pirates – ceux sur Internet, hein? les vraiment dangereux, au large de la Somalie ou ailleurs, c’est tout de suite moins important que Kevin Leboulet qui télécharge du Lady Gaga. Figurez-vous que Simonetta Sommaruga, conseillère fédérale (c’est-à-dire ministre) en charge de l’intérieur, veut modifier une ordonnance sur la surveillance des communications pour également inclure Internet.

Bon, d’une part, il y a le côté hautement désagréable de demander aux opérateurs de faire le travail de la police. D’autre part, il y a là comme un arrière-goût de populisme, façon “sus aux cyberpédonazis!” mâtiné d’opportunisme malsain suite à la tuerie en Norvège (je rappelle au passage que le maire d’Oslo, lui, a appelé à “plus de générosité, plus de tolérance et plus de démocratie“, ce qui a quand même une autre gueule).

D’autre part, il y a le fait que la plupart de ces mesures ne servent pas à grand-chose, sinon à occuper la police (ou, le plus souvent, des officines privées aux pratiques opaques), sont aisément contournables pour qui a deux sous d’imagination (sans même parler d’un chouïa de connaissances techniques pour utiliser VPN et/ou cryptage) et ont conduit aux USA et en France à des dérives dangereuses dans le domaine du fichage massif de la population. Je ne parle même pas de la possibilité d’utiliser ces techniques en dehors de tout contrôle judiciaire, comme c’est le cas en France, car le texte de l’article n’est pas clair là-dessus.

La bonne nouvelle, c’est que le système politique suisse est ainsi fait qu’il est très difficile pour le Conseil fédéral de passer en force et que ce genre d’initiative doit d’abord passer par un certain nombre de fourches caudines qui, avec un peu de vigilance et d’activisme, devraient en faire des cachous.

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