“That Darn Squid God”, de Nick Pollotta et James Clay

Londres, en 1881, se remet à peine de dramatiques évènements – pudiquement surnommés The Troubles – lorsqu’une nouvelle menace plane sur la ville et sur le monde: un dieu-pieuvre destructeur se prépare à revenir sur Terre y semer terreur et destruction. Mais c’est sans compter sans la force, le courage, l’ingéniosité et la britannicitude du professeur Felix Einstein, de sa nièce Mary et du bouillonnant aventurier Lord Carstairs qui, affrontant les hordes de cultistes et d’autres périls, comptent bien empêcher ce funeste destin.

Je dois avouer que la première chose qui m’a fait acheter That Darn Squid God, c’est le duo créatif qui en est l’auteur: Nick Pollotta et James Clay – ce dernier étant plus connu de nos services sous le nom de Phil Foglio (et les connaisseurs du bonhomme et de son œuvre ricaneront au choix du nom de plume). Ils avaient précédemment commis l’hilarant Illegal Aliens (d’ailleurs illustré par Foglio) et la perspective de lire le même genre de délire, en plus sur un thème qui m’est cher – le démontage de Cthulhu à l’arme lourde – ne pouvait que m’enthousiasmer.

Je dois également avouer être déçu; juste un peu, mais déçu quand même. That Darn Squid God est un bouquin très drôle, mais pas aussi drôle qu’Illegal Aliens. Je soupçonne que c’est en partie dû au choix de l’époque et au style très typé “roman d’aventure victorien”, qui peut parfois être très lourd. En gros, on a deux Américains qui écrivent sur des Britanniques et sur une époque sujette à clichés; le tout est saupoudré d’une dose conséquente d’anachronismes, pas toujours du plus heureux effet.

Cela dit, quand il est drôle, il est très drôle – et soyons honnête, il est drôle très souvent. Le constant décalage entre le côté ultra-british des protagonistes et les situations improbables dans lesquelles ils se trouvent ainsi que des personnages hauts en couleur – le professeur Einstein collectionne les antiquités volées (et est tricard au Vatican), sa nièce manie le fusil à éléphant et les explosifs et Lord Carstairs est un colosse (et amoureux transi de Mary) – est un régal. Et, question scènes à grand spectacle, ça ne fait pas semblant!

On croise quelques personnages historiques ou fictifs de l’époque, notamment Sherlock Holmes – très brièvement, pour cause de locomotive – ou le Hollandais Volant, ainsi qu’un lézard à fourrure bien connu des habitués de l’œuvre fogliesque; l’histoire n’est pas avare de trahisons, retournements et autres cliffhangers (souvent désamorcés par un “hop-hop-hop” scénaristique). Le bouquin se lit bien, assez vite pour peu que l’on maîtrise à peu près correctement la langue de la reine Victoria.

Pour les rôlistes qui n’ont pas peur de mettre une grosse dose de délire dans leur steampunk, That Darn Squid God est presque une campagne clés en main pour Castle Falkenstein ou d’autres jeux du même genre. Les amoureux du Mythe feraient mieux, eux, de passer leur chemin: les Dieux Anciens (et surtout le grand poulpe lui-même) en prennent pour leur grade; en même temps, quelle idée de s’attaquer à la Grande-Bretagne!

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