The Box: Le Horla, d’après Guy de Maupassant

Coïncidence: je découvre cet album Le Horla, d’après Guy de Maupassant du groupe de prog canadien The Box peu de temps après avoir rattrapé mon retard et lu ce classique de la littérature fantastique. Et, pour le coup, je ne suis doublement pas déçu du voyage. Autant la nouvelle, typique de la littérature dite “d’épouvante” de la première moitié du XIXe siècle, est sympathique et se laisse lire sans faim, autant l’album qui en est inspiré est un écrin remarquable à cette histoire de double maléfique et de possession.

Je ne connaissais pas The Box, malgré ses quelques trente ans d’existence; il faut dire que le groupe a fait aussi plusieurs pauses et n’a réellement été actif que pendant la moitié de cette période; il est aussi surtout connu au Canada et j’ai l’impression que ce Horla est leur premier album qui a réellement un impact en dehors de leur pays d’origine. Et quel impact!

Si j’aurais du mal à qualifier d’original le rock progressif à l’ancienne, quelque peu minimaliste, qui compose la plus grande partie de l’album, il faut avouer que, combiné aux textes de Maupassant et à la voix de Jean-Marc Pisapia, le style colle à merveille avec ses accents de Genesis époque Gabriel et, surtout, une ambiance qui n’est pas sans me rappeler un de mes albums préférés, Bienvenue au conseil d’administration, de Pulsar. On retrouve dans Le Horla cette même théâtralité, ce même monologue d’un homme aux prises avec une situation qui lui échappe complètement.

Pas grand-chose à redire sur cet album, à part peut-être pour regretter ce “Super 61”, qui arrive en fin d’album comme un cheveu sur la soupe – non sans rapport avec l’ensemble et non sans me rappeler ma propre expérience, vu que je l’ai également lu dans un avion, à trente ans d’écart – et qui fait surtout tache en regard avec des morceaux aussi brillants que “L’eau, le lait, le vin…” ou “Mont Saint Michel”. Sans parler du fait qu’il casse un peu l’ambiance avec son côté “disco not dead”. Mais comme c’est le dernier morceau, je suis enclin à pardonner; que le personnel s’amuse!

Pour profiter à plein de cet excellent album – un concept-album dans la plus pure tradition du genre – je vous conseille de (re)lire la nouvelle de Guy de Maupassant avant de vous lancer dans son écoute. Il y a des voyages qui se dégustent.

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2 commentaires sur “The Box: Le Horla, d’après Guy de Maupassant”

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