The Enid: Invicta

Okay, celui-ci est bizarre. Oui, même pour moi. Il s’agit donc de Invicta, le nouvel album de The Enid, un de ces groupes de rock progressif britanniques à la fois légendaire et obscur (certain diront « légendaire, parce qu’obscur ») qui a traversé près de quatre décennies en sous-marin (avec un gros passage en plongée entre 1999 et 2007).

On pourrait presque croire que The Enid est le groupe à l’origine de l’étiquette « rock progressif symphonique », à l’ouï du fait que Invicta est un album qui mélange rock progressif et musique symphonique orchestrale, avec plus ou moins de bonheur. Il faut signaler que c’est censé être le deuxième album d’un triptyque.

Ainsi, après une brève mise en bouche avec l’instrumental « Anthropy », le groupe attaque une sorte de bizarrerie lyrique lente de dix minutes, « One and the Many » (dont le final rappelle presque le générique de Star Trek), puis le curieusement entraînant « Who Created Me? », qui ressemble à un extrait d’une comédie musicale et un « Execution Mob » qui pourrait être tiré d’un sketch des Monty Pythons.

« Witch Hunt » repart sur une base de musique de film, mais dans un registre plus jazz (à part le final métal), quasi-instrumental avec harmonies vocales. « Heaven’s Gate », qui s’étire sur près de neuf minutes, est une sorte de morceau de bravoure symphonique et lent, très dans le style d’autres morceaux de The Enid.

Suit « Leviticus », qui donne dans une ambiance insulaire alanguie d’inspiration hackettienne qui rappelle tout, quoique pas exactement, sauf son titre; à sa suite, « Villain of Science » envoie cinq bonnes minutes de rock symphonique grandiloquent et l’album se conclut par « The Whispering », un truc dont la musique (mais sans doute pas les paroles) pourrait servir pour le prochain hymne national suisse.

Au total, donc, neuf morceaux et cinquante-trois minutes d’un mélange fascinant d’étrangeté: moitié musique symphonique, avec des accents de musique de film ou d’opéra, moitié rock progressif où les inspirations sont à chercher du côté de Steve Hackett ou Alan Parson. Donc, bizarre. Je ne suis pas fan de tout, mais je dois avouer que, niveau créativité, c’est impressionnant; à réserver donc aux prog-heads un peu aventureux.

Pour vous faire une idée de la dinguerie du bidule, et bien que le morceau ici joué ne soit pas sur l’album en question, je vous mets ici une vidéo enregistrée en concert à il y a deux ans, avec orchestre symphonique. Parce que ouais, The Enid, quand ils font du symphonique, c’est du vrai, pas du sample!

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. Acritarche dit :

    Je trouve que ça a un arrière goût très prononcé de Procol Harum, genre Concert at the Edmonton Hall. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, non?

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