“The Nazi Occult”, de Kenneth Hite

The Nazi Occult est un court ouvrage (80 pages) signé Kenneth Hite qui, comme son nom l’indique, s’intéresse à l’attrait qu’avaient les dirigeants nazis pour l’occultisme, la chasse aux reliques et autres phénomènes paranormaux.

Si vous suivez ce blog depuis un moment, vous savez que je voue un quasi-culte à Ken Hite, auteur – entre autres – de Suppressed Transmissions et spécialiste des occulteries à haut potentiel rôliste. Cependant, je dois avouer que ce bouquin ne tient à mon avis pas toutes ses promesses.

Commençons par le bon côté des choses: Ken Hite connaît son sujet et The Nazi Occult est un concentré d’érudition sur le sujet. Il ne s’intéresse pas seulement aux années 1930, mais aussi aux origines de cette passion pour l’occultisme dans les futurs cercles du IIIe Reich.

Pour toute personne qui veut se documenter sur le sujet, il y a dans cet ouvrage une kyrielle d’informations, d’anecdotes et, pour les rôlistes, de scénarios potentiels, à la recherche de mondes perdus, de reliques improbables, de secrets inavouables et de civilisations inconnues.

Le gros problème que j’ai avec cet ouvrage, c’est que Ken Hite mélange allègrement réalité historique et fiction. Oh, c’est clairement expliqué dès le départ: quand les hypothèses crédibles sont absentes ou contradictoires, il fait des choix ou se lance dans la narration. Le souci, c’est que ce n’est jamais clairement expliqué.

Ainsi, au détour d’une biographie sur tel dignitaire de l’Ahnenerbe, on a droit à des délires sur des cérémonies magiques qui auraient influencé le cours de l’histoire – sans conditionnel, sans avertissement préalable, dans la continuité du texte précédent. C’est un style, mais c’est un style qui a le défaut de jeter un doute sur l’intégralité du texte.

Alors, certes, ça donne droit à certains clins d’œil hilarants, notamment sur la bataille entre archéologues allemands et américains dans le désert égyptien en 1937 pour la possession de l’Arche d’Alliance, mais le plus souvent, on se retrouve interloqué à la lecture d’un paragraphe qui ne peut pas être historique.

J’ai l’impression que Ken Hite a essayé de s’inspirer de la “réalité fantastique”, le style du Matin des Magiciens, mais en oubliant qu’autant c’est un exercice qui est adapté pour un livre romantico-poético-occultiste, autant ce n’est pas approprié pour une sorte d’essai historique sur l’occultisme. J’aurais vraiment préféré que les hypothèses qui sortent d’un cadre purement historique soit clairement indiquées comme telles.

Du coup, à dix-huit dollars US (plus les frais de port), ça me paraît un peu léger. Je ne dis pas que c’est un mauvais bouquin: il a une réelle utilité pour quiconque veut utiliser les thèmes surnaturels dans une histoire se déroulant dans la première moitié du XXe siècle (et au-delà; je pense m’en servir pour Devoir de mémoire). C’est juste que je suis déçu par la forme; j’attends plus et – surtout – mieux de la part de l’auteur.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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5 réponses

  1. Gromovar dit :

    Dommage.

    Ca m’aurait intéressé.

    • Alias dit :

      Il n’est pas inintéressant non plus, mais je n’ai pas retrouvé la même rigueur que dans les Suppressed Transmissions. Ou peut-être est-ce le thème, sensible, qui rend l’exercice plus casse-gueule et moins tolérant à ce genre de délire?

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