Therion: Sitra Ahra

Rentrée riche pour le métal symphonique avec un tout nouvel album de Therion, intitulé Sitra Ahra. Et quand je parle de métal symphonique, dans le cas des Suédois de Therion, ça ne fait pas semblant! En gros, c’est Wagner croisé avec Carmina Burana et tout le monde joue de la guitare ou de la batterie à double grosse caisse — en plus des instruments habituels.

Le truc marrant avec Therion, c’est que c’est un des premiers groupes à s’être lancé dans le gotho-symphonique à grand spectacle, mais à peu près le seul à s’être engagé dans la voie des chants chorals en pagaille. Soit la route semblait tellement casse-gueule que personne n’a osé les suivre, soit ils menacent de rotulectomie tous ceux qui tenteraient de les copier.

Toujours est-il que ce Sitra Ahra est une sorte de retour aux sources. Autant le précédent album, Gothic Kaballah, semblait partir dans de nouvelles directions, autant celui-ci est à rapprocher des Lemuria et autres Secrets of the Runes des temps passés. En d’autres termes, et pour reprendre une expression que je commence à être fatigué d’utiliser ces temps-ci, Therion fait du Therion.

Alors certes, c’est plein d’emphase, c’est bien amené, il y a plus de chanteurs que d’autres musiciens et on a vraiment l’impression de suivre une sorte d’opéra métal baroque et dérangé, mais, personnellement, je trouve dommage que ça ne cherche pas les autres horizons vers lesquels le groupe semblait se diriger lors du précédent album.

Pour être très honnête, on trouve quelques sonorités orientales dans les intros de « King of Edom » ou « Unguentum Sabatti » et un étonnant harmonica sur « Land of Canaan », mais ce sont juste des enluminures mineures. Les thèmes musicaux restent très classiques.

Si vous êtes fan de base de Therion, ce n’est sans doute pas Sitra Ahra qui vous fera changer d’avis. C’est un très bon album, d’excellente facture même, mais avec juste le minimum syndical en matière d’originalité.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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