“Things That Never Were”, de Matthew Rossi

Si vous êtes un fan de Suppressed Transmission et de Ken Hite en général, vous allez adorer Things That Never Were, de Matthew Rossi. Ou le détester, c’est selon. La raison en est que ce bouquin aux 260 pages assez denses, divisé en une quarantaine d’articles de taille variable, reprend des principes similaires à ceux qui fondaient la rubrique hebdomadaire de Ken Hite, publiée en son temps dans le magazine Pyramid, sans en avoir nécessairement la même qualité.

Histoire parallèle, histoire cachée, uchronie, mythologie, occultisme et fantastique contemporain sont certes au rendez-vous et, de ce point de vue, les amateurs vont se régaler. Là où ça coince, c’est la forme. Je passe sur l’océan de typos et d’à peu près linguistiques qui menace à chaque page de submerger le texte (j’exagère, mais pas beaucoup), ce qui risque d’être plus gênant pour le fan de base, c’est l’impression que Matthew Rossi fait du Ken Hite sans être Ken Hite.

Bon, ça m’a un peu gêné au début, mais assez rapidement, je me suis rendu compte que l’auteur a son propre ton, ses propres idées et son propre style – moins rigoureux, plus littéraire, plus poétique aussi. Et surtout que ses idées ne sont pas moins barrées et érudites que celles de son modèle (je doute que Rossi ignore l’existence de Hite, vu qu’il le cite et mentionne à un moment avoir une impressionnante collection de jeux de rôle auxquels il ne jouera jamais; bienvenue au club!).

Que ce soit son uchronie napoléonienne basée sur des calculateurs mécaniques, ses idées sur l’art comme seul rempart de l’humanité contre le Chaos primordial ou ses longues digressions arthuriennes, il y a beaucoup à pécher dans les pages de Things That Never Were, que l’on soit scénariste en mal d’inspiration, conspirationniste amateur ou rôliste. C’est peut-être du sous-Suppressed Transmission, si on veut être très méchant, mais ça reste un ouvrage de qualité truffé de très bonnes idées.

Le plus gros défaut est peut-être que l’ensemble est très, peut-être trop dense. Lire d’une traite Things That Never Were est sans doute une très mauvaise idée, mais la structure du livre en articles de 3-5 pages en moyenne facilite un peu la tâche; pour ma part, il m’a bien fallu un bon mois pour le finir. Mais je ne regrette pas le voyage: les défauts du bouquin sont mineurs au regard de la mine d’idées qu’il renferme.

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