Tigres Volants en conférence

Comme je vous l’ai déjà mentionné, j’étais donc ce samedi l’invité de la Bibliothèque de La Chaux-de-Fonds pour présenter Tigres Volants, dans le cadre de Ludesco. Cela va peut-être vous étonner, mais c’était une première pour moi : en général, les présentations, je les fais depuis un stand à une ou deux personnes, autour d’une table aux joueurs présents ou, une ou deux fois, à des joueurs potentiels dans le cadre de la CJDRA.

Là, l’idée était de présenter Tigres Volants en tant que jeu de rôle de science-fiction, c’est-à-dire en tant que jeu de rôle à un public pas forcément très au clair sur le concept, en tant que contexte de science-fiction avec ses inspirations et ses idées-force, et en tant que projet d’édition, avec ses difficultés. L’exercice était d’autant moins évident que je ne savais pas trop à quel public j’aurais à faire – si public il y aurait.

Au final, selon les paroles immortelles du capitaine Malcolm Reynolds, ça c’est plutôt bien passé. D’une part, l’exercice m’a permis de poser à plat un certain nombre de concepts et d’idées. Certes, j’en avais déjà exposé la plupart dans les quelques articles que j’avais pu écrire sur le sujet, mais c’était l’occasion de revenir dessus avec un chouïa plus de recul.

D’autre part, non seulement il y a eu un peu de monde (OK, une dizaine de personnes, en comptant le personnel technique), mais le plan de diffuser la conférence en streaming s’est avéré spectaculairement payant, malgré une installation à l’arrache (OK, l’image et le son ne sont pas au top, mais il devrait y avoir une version de meilleure qualité en ligne la semaine prochaine). Cerise sur le gâteau : je pense ne pas avoir été trop ridicule (il faudrait que j’ai le courage de me regarder pour en avoir confirmation, cela dit).

Une des craintes que j’avais, c’est que l’exercice fasse un peu trop « Moi, ma vie, mon œuvre », avec en plus une bonne couche de storytelling par-dessus. Les prémisses de Tigres Volants remontent à plus de trente ans et je sais par expérience que je n’ai pas besoin de remonter aussi loin pour avoir des souvenirs qui me paraissent trop beau pour être vieux.

Entre ma mémoire, par définition faillible, et une tendance trop humaine à réécrire sa propre histoire, la tentation est grande et je doute fortement d’avoir pu éviter cet écueil. Donc, à vous qui m’avez vu ou me regarderez, ne prenez pas forcément tout ce que j’affirme au pied de la lettre.

Donc, le streaming a été remarquablement efficace, si j’en juge par les quelques retours que j’ai reçus. La plate-forme Bambuser semble être l’idéal pour ce genre d’événement, même avec un iPhone 4 comme caméra vidéo (en plus, il semble qu’on peut même y recevoir des Flattr). Par contre, le mur Twitter n’a pas été suivi ; soit vous êtes de grands timides, soit l’usage des mots-clés est bien inférieur à ce que je pensais.

La présentation que j’avais prévue était simple – certains diront « rudimentaire » – en ce qu’elle ne comportait que des images et quelques titres. C’était voulu, principalement parce que les présentations avec 500 mots par page, j’en ai assez soupé pour savoir que c’est détestable, et doublement parce que c’est inutile.

Par contre, la fausse bonne idée, c’était d’avoir une « présentation dont vous êtes le héros » avec des choix multiples et des sauts d’une page à l’autre. Ce n’est pas que ça ne fonctionne pas, mais ce n’est pas du tout pratique à gérer avec une manette de présentation un peu capricieuse et que l’on ne maîtrise pas. Simple, c’est mieux, quitte à faire un peu linéaire ; l’alternative, c’est de rester derrière sa machine, ce qui tue toute spontanéité.

En parlant de spontanéité, vous aurez sans doute noté que je me suis exprimé presque sans note. Ça n’était pas vraiment prévu ainsi, j’avais imprimé une narration plus conséquence, mais, au final, je n’en ai pas vraiment eu besoin. Bon, je suppose que je connais suffisamment bien le sujet pour m’en passer, mais ce n’est pas forcément une bonne idée.

Le fait est que, dans ce genre de conférence, la narration est presque aussi importante que le contenu et, sans notes sous les yeux et avec une présentation pas aussi bien structurée que nécessaire, je me suis parfois retrouvé un peu perdu dans mon flux narratif. Le storytelling, c’est peut-être mal quand il s’agit de s’inventer une légende, mais pour ce qui est de rendre intéressante un sujet pas forcément folichon, ça aide.

Mais bon : c’était une première, j’estime avoir aussi le droit de me planter et je pense que le résultat final n’est pas trop catastrophique. Ce qui ne m’a pas empêché, comme promis, d’aller me boire ensuite une bière des BFM (suivie de deux Comète Abeille, une bière au miel encore plus locale).

Et puis, il faut dire ce qui est : l’hospitalité des Chaux-de-fonniers n’est pas un vain mot. Merci donc à Carlos Lopez et à ses collègues de la Bibliothèque de La Chaux-de-Fonds pour l’accueil et l’occasion de faire mon intéressant, et merci à Lionel « Nonène » Jeannerat et Georges-André Brugger d’être venus faire la claque et d’accompagner l’after.

En attendant Ludesco samedi prochain !

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