Blog à part le retour du remake du reboot reloaded (épisode IV)

Tigres Volants est du space-opera (ou peu s’en faut)

En fait, non: Tigres Volants n’est pas du space-opera. Je l’ai dit, répété, radoté. Mais, en lisant le dernier Honor Harrington et en écrivant le billet y relatif, je me suis dit que ça pourrait.

Avant que les fidèles du jeu (les deux qui restent) n’appellent à la guerre sainte et à purger l’hérétique, je rappelle qu’en tant qu’auteur, j’ai le droit d’être hérétique. Enfin, je crois.

Attention: ce billet contient quelques spoilers sur Mission of Honor, pour ceux qui ne l’ont pas lu.

Fondamentalement, il manque deux choses pour que Tigres Volants devienne, sinon du space opera, du moins quelque chose qui s’en approche: une opposition (au sens large du terme) plus marquée et plus visible, ainsi que des gros combats spatiaux.

Le fait est que, dans l’absolu, l’univers de Tigres Volants a beau jouer sur les différences culturelles, celles-ci ne sont pas suffisamment marquées pour générer des guerres interstellaires. Un peu tout le monde est d’accord pour ne pas être d’accord, le Cepmes gère tous ces magnifiques flocons de neige de façon bon enfant et tout baigne dans un consensus mou.

En accentuant dès le départ les tensions interculturelles, on peut obtenir quelque chose de plus volatil: les nations stellaires sont plus conservatrices, plus méfiantes et moins ouvertes, la Fédération des hautes-terres est beaucoup plus enthousiaste dans son expansionnisme, les autres nations terriennes sont des satellites à autonomie variable (Israël, Singapore) ou vivent avec une mentalité de forteresse, parrainées par des nations stellaires qui se comportent avec eux comme les Vulcains dans la série Star TrekEnterprise.

Tout ce petit monde s’est réarmé en conséquence et, si les Terriens n’ont pas exactement les moyens d’avoir de grosses flottes, ils ont des doctrines de combat qui compensent et auxquelles les flottes stellaires, habituées à quelques millénaires de paix, ont du mal à s’adapter. La société multiculturelle idéale de l’univers de Tigres Volants a bien du mal à exister en dehors de quelques îlots.

Les Eyldar ont évolué et ils ont un Plan

Un élément qui donne tout son piment à Mission of Honor, c’est le plan de l’Alignement mésan: Faction Renaissance. Il s’agit de revitaliser la plus ancienne nation stellaire, en pleine déliquescence, en provoquant une crise suffisamment grave pour que ses certaines de ses composantes les plus influentes s’en distancient pour former une nouvelle nation. En d’autres termes, une grosse conspiration globale des familles, qui court depuis plusieurs générations.

Dans l’univers de Tigres Volants, qui d’autres que les Eyldar pour avoir une telle idée? OK, la question est stupide: un peu tout le monde a ce genre de plans à long terme. Mais bon, dans le cadre de cet univers alternatif, ce sont d’excellents candidats. Plus particulièrement, l’idée est qu’à la chute de l’Arlauriëntur, plusieurs clans influents ont commencé à préparer la résurrection de l’empire déchu.

Il existe donc une organisation secrète de nostalgiques qui, entre la République eyldarin, les Ligues atlani, certaines planètes de la Fédération des États de la Frontière et la Ligue stellaire, se préparent à mettre un tel souk dans la Sphère que le Cepmes ne pourra que rendre les plaques, leur laissant le champ libre pour reconquérir la Sphère. C’est le genre d’organisation qui travaille depuis trois mille ans et qui est derrière presque tous les coups tordus de l’histoire.

Tout ce petit monde n’avait pas prévu les Terriens, mais, après avoir quelque peu ramé pour adapter les plans, ils sont arrivés à la conclusion que, comme agents du chaos, les Terriens étaient un excellent choix. Le seul défaut est qu’ils ont du mal à les manipuler directement (ce d’autant plus que la Fédération des hautes-terres se méfie des peuples stellaires), mais qu’à cela ne tienne: il suffit de manipuler les autres nations pour les envoyer sur une trajectoire de collision avec les Terriens.

Pour cela, il y a un excellent terrain de jeu: la Fédération des États de la Frontière. Que ceux qui connaissent leur histoire du XXe siècle pensent “Balkans”.

Et les personnages dans tout ça?

Du coup, avec de tels changements, il est plus difficile de concevoir les personnages comme des bras cassés magnifiques qui sont brinquebalés par les aléas de la grande et de la petite histoire. Le space opera, en tant que genre, demande un peu plus de panache. Il faut donc veiller à les incorporer dans des organisations plus conséquentes, gouvernementales le plus souvent ou alors multinationales, comme le Cepmes.

Ce genre de changement implique que les personnages vont aussi avoir un impact potentiel beaucoup plus grand sur le cours des choses. Dans un tel univers, il faut voir cela comme une campagne de longue haleine visant à découvrir la manipulation et le complot, puis à le déjouer avant qu’il ne soit trop tard. Évidemment, du coup, ça demande de retravailler les règles de façon à permettre de facéties telles que le commandement de flottes spatiales ou la gestion de réseaux d’espionnage; ce n’est plus seulement le domaine des actions individuelles, même si on peut aussi se la jouer “old skool” façon séries SF pulp des années 1930-1950.

Donc, si ça vous tente, ne vous gênez pas: c’est cadeau. Personnellement, je vois ça un peu comme un exercice de style; n’en déplaisent à certains, ce n’est pas le brouillon d’un reboot de l’univers pour un hypothétique Tigres Volants 4.0. J’aime trop l’univers de Tigres Volants comme il est.

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4 commentaires sur “Tigres Volants est du space-opera (ou peu s’en faut)”

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