Tonton Alias au Night of the Prog Festival

Il y a des fois où je devrais me méfier de mon enthousiasme. À dire vrai, je soupçonne que je devrais toujours me méfier de mon enthousiasme. Témoin mon départ pour cette nouvelle édition du Night of the Prog Festival, sis au Loreley Freilichtbühne, dans la vallée du Rhin.

Ce n’est pas tant le fait de partir pour quatre jours pour aller à un festival à huit heures de train de distance, c’est surtout l’idée « géniale » de le faire en mode camping.

Je vous laisse trente secondes pour ricaner à votre aise ; je l’ai mérité. C’est limite Summer of Fail, à ce niveau.

Jusqu’à ce jour, mon expérience du camping se limitait à quelques conventions aux conditions d’hébergement folkloriques et à une unique tentative de camping, il y a plus de vingt ans. Alors certes, la technologie a passablement avancé, notamment avec les tentes dites «  2 secondes », qui effectivement se déploient très vite (mais prennent un peu plus de temps à se ranger), mais certains faits attenant aux campings en général et à ceux des festivals en particulier restent éternels, je suppose.

Disons les choses ainsi : mon idée d’un endroit où dormir, c’est que ça doit être un endroit où dormir. Pas la combinaison entre un dortoir pour hommes (ronflements en mode majeur), un salon mondain (discussions à toute heure), une brasserie allemande (odeurs d’alcool et chansons à boire ; heureusement, personne n’a vomi sur ma tente) et une salle de concert. À peine avais-je installé ma tente que j’ai eu la surprise de voir mes voisins sortir des instruments, brancher des amplis et des éclairages et se lancer dans un concert improvisé dans l’herbe. Ce sont eux, sur la photo.

En fait, j’ai appris le truisme suivant : dans un camping, tu ne vas pas dormir quand tu as sommeil, tu vas dormir quand tout le monde va dormir – parce qu’avant, ce n’est juste pas la peine.

J’ai aussi appris que, quand tu penses avoir tout prévu, tu as oublié plein de trucs. Genre, du savon ou un linge de toilette. Ou tes médocs. Oui, c’est du vécu. Heureusement, le camping avait quand même quelques équipements, genre des douches raisonnables et des toilettes assez bien achalandées (= il y avait du papier presque tout le temps). Alors bon, les douches sans savon, c’est un peu limite (encore que ça pourrait être pire : il pourrait ne pas y avoir d’eau chaude), mais avec du linge propre, ça passe ; je pense ne pas avoir trop pué.

Il y a aussi des blagues, comme le fait qu’il n’y a nulle part pour recharger des appareils électroniques. Ni wifi, d’ailleurs, mais je m’y attendais plus. J’avais une batterie de rechange pour mon ordi, mais même ainsi, il est mort le vendredi midi.

J’avais pris trois batteries pour mon appareil photo, l’une est morte pendant la première nuit – c’est de ma faute, j’avais oublié de l’éteindre –, la deuxième avant la fin des concerts du samedi. La bonne nouvelle, c’est que ça m’a obligé à faire plus attention en prenant les photos, plutôt que de tout shooter en rafale. La seule chose qui a raisonnablement fonctionné, c’est la batterie-dynamo pour le téléphone.

Ah oui, et quand tu viens encore de passer une nuit de quatre heures dans une tente surchauffé et saturée d’humidité, que tu dis que, là, tu vas plier la tente et que, tous comptes faits, ça aurait pu être pire, tu entends tomber les premières gouttes de pluie.

Bon, cela dit, ça n’a pas pour autant été l’enfer vert, façon « apocalypse des écolos » : l’ambiance était sympa. Déjà, il y avait les amis belges de Prog-résiste, sur l’enthousiasme desquels il y a beaucoup de choses à dire, mais on ne s’ennuie pas avec eux. J’avais amené des bières artisanales suisses et du chocolat, eux avaientdes bières trappistes explosives (les Orval, ça supporte mal la chaleur).

Je me suis un instant demandé si ce n’était pas ce qui avait incendié quelques tentes et une voiture pendant la nuit de dimanche – c’est toujours rigolo, quand tu sors du concert et qu’on t’annonce qu’il y a des tentes qui brûlent dans le camping – mais je penche plutôt pour une bonbonne de gaz chatouilleuse.

J’y ai croisé également Stéphane Albanese, même si notre rencontre fut brève, à côté des toilettes – mais rien de scabreux (on a des témoins) – ainsi que d’autres Français et même quelques Suisses très sympathiques. Et, de façon générale, du bon son.

Mais si je reviens au Night of the Prog – ce dont je doute un peu, au vu de l’état de délabrement physique dans lequel je suis ; je commence à me dire je suis trop vieux pour ces conneries – ça sera hôtel sinon rien !

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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4 réponses

  1. Gromovar dit :

    Je suis trop vieux pour ces conneries aussi 😉
    Gromovar Articles récents…Zombie chansonnierMy Profile

  2. Roboduck dit :

    T’es vache! Trente secondes pour ricaner, ce n’était pas suffisant!
    Roboduck Articles récents…La reine, le moine et le gloutonMy Profile

  1. 23/09/2016

    […] et au texte Les sons impossibles, une nouvelle qui était née de mon expérience au festival Night of the Prog et à une longue frustration sur l’existence (ou quasi-absence d’icelle) de fictions […]

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