Torchwood: Miracle Day

L’annonce de Miracle Day, quatrième saison de la série britannique Torchwood – par ailleurs spin-off de Doctor Who – avait de quoi laisser sceptique même le fan le plus endurci. D’abord, il s’agit de succéder au spectaculaire Children of Earth et, ensuite, de survivre à un production américaine.

Eh oui, exit les épisodes so british aux effets spéciaux un peu kitschouilles et bonjour les superproductions US, avec beaucoup d’explosions et des conspirations à la X-Files. Miracle Day part d’un évènement si énorme que personne n’y avait jamais pensé: et si plus personne ne mourrait sur la planète Terre? Et pas seulement pour un seul jour, mais plus du tout.

Les membres survivants de Torchwood – Gwen Cooper, désormais mère et planquée, et Jack Harkness, désormais mortel – se voient contraints et forcés de s’allier avec deux agents de la CIA pour essayer de comprendre ce “miracle” et, surtout, la conspiration qui se cache derrière.

Je vous avouerai tout de suite qu’à mes yeux, les dix épisodes de Miracle Day ne valent pas les cinq de Children of Earth; en même temps, Russel T Davies au scénario ou non, la barre était placée très haut. L’américanisation de l’ensemble n’est pas sans faire grincer des dents et, même si une partie de l’équipe reste très britannique, ça ressemble un peu trop souvent à des épisodes de X-Files pour ne pas faire grincer des dents.

Malgré tout ça – sans même parler du tombereau d’invraisemblances dans le scénario – Miracle Day reste agréable à regarder. L’américanisation ne va pas jusqu’à gommer l’intérêt prononcé du capitaine Jack Harkness pour l’anatomie masculine – au contraire et peut-être même à l’excès (et, sans révéler l’intrigue, c’est même un des éléments centraux de la série) – ni à empêcher l’hécatombe très torchwoodienne parmi les personnages principaux.

Le commentaire politique sur le glissement vers une dictature particulièrement odieuse en profitant d’une situation d’urgence exceptionnelle est assez pertinent – et brutalement d’actualité, surtout en ce lendemain de veille. Les personnages sont souvent intéressant, avec une mention spéciale pour Bill Pullmann, qui, quinze ans après avoir sauvé le monde comme président des USA dans Independance Day, interprète ici un pédophile condamné à mort sauvé par le Miracle.

Et puis je soupçonne que ce format d’histoire suivie, plus ou moins ramassée, convient beaucoup mieux à la série que le “monstre de la semaine” typique aux deux premières saisons.

Par contre, je regrette salement que, malgré quelques références, à peu près toutes les passerelles au “canon” de Doctor Who soit passées aux lance-flammes. À se demander, à l’instar de plusieurs sites, si Torchwood se déroule toujours dans le même univers.

Pour résumer, Torchwood: Miracle Day est un peu le cul entre deux chaises: la Grande-Bretagne et les USA, l’héritage de Doctor Who et les thèmes très américains de la conspiration et de l’avènement du totalitarisme, le génie de Children of Earth et le nawak des deux premières saisons. Il y a du bon et du moins bon; à vous de piocher.

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