“Transition”, de Iain Banks

Iain Banks, qui écrit de la science-fiction (comme la série de la Culture) sous le nom de Iain M Banks, signe également des ouvrages plus conventionnels, comme Transition, dernier en date. Enfin, “conventionnel” est ici un terme très relatif, puisque le sujet de ce roman est une organisation qui supervise des personnes capables de voyager à travers des univers parallèles.

On y suit donc Temudjin Oh, agent de l’Expédience (en français dans le texte) et une tripotée d’autres personnages qui sautent d’univers en univers alors que se trame un complot qui menace l’organisation et, partant, la cohésion des univers parallèles. Il y aurait là matière à faire une histoire brillante, mais j’ai trouvé ce bouquin surtout frustrant.

Le problème vient, comme souvent, des personnages: même le principal protagoniste, Temudjin, n’est pas très intéressant. Pour être plus précis, il n’est pas rendu très intéressant: l’auteur s’attarde plus sur des personnages au final secondaires, comme Adrian le trader, ou le Philosophe, un tortionnaire de renom.

Ce n’est pas le seul souci. L’histoire en elle-même ne progresse pas vite. Elle est tellement encombrée de faux-semblants et de complots qu’il est difficile de dire, même après sa conclusion, ce qu’il en est réellement. Plus ennuyeux, le texte s’encombre de passages que je juge peu utiles à l’ensemble; le fait que les personnages secondaires soient plus développés que le protagoniste principal est déjà mauvais signe. Par exemple, le Philosophe a droit à de grandes sections sur son enfance et sa vie avant de rejoindre l’Expédience, mais il n’a à peu près aucun impact sur l’histoire.

Pour ne rien arranger, la conclusion passe par une série de dei ex machina que rien ne laisse supposer par avance et qui laisse au lecteur (= moi) un intense sentiment de WTF. Pouf-pouf, machin a des superpouvoirs, pouf-pouf le chef des gentils apparaît, pouf-pouf l’arme absolue du méchant se retourne contre lui; bons baisers, à mardi! Ouais, mais non.

C’est vraiment dommage, parce que le contexte est très intéressant. Il y a facilement là matière à faire deux ou trois bouquins – voire une série, en délayant la sauce et en confiant l’affaire à Bob – mais le tout est condensé dans un peu plus de 450 pages, noyé dans les digressions et conclu par une fin que je trouve franchement bâclée.

À moins d’être intéressé par le concept de voyageurs entre univers parallèles et de ne pas avoir peur de fouiller dans presque un demi-millier de pages moyennement passionnantes, je ne vous recommande donc pas la lecture de Transition. En espérant que Surface Detail, le dernier volume de la Culture, soit plus passionnant.

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