Trolls & Légendes 2011

Cet article est le numéro 4 d'une série de 4 intitulée Trolls & Légendes 2011

Je sais que je vous ai déjà causé en long, en large et en travers des concerts de Trolls & Légendes, mais il ne faudrait peut-être pas perdre de vue que si je me suis tapé sept heures de train, ce n’est pas seulement pour aller voir des groupes dont, hormis deux d’entre eux, je n’avais jamais entendu parler.

Ne chipotons pas : c’est une des plus grosses conventions européennes dédiées aux cultures de l’imaginaire. Et, de l’avis de ceux qui ont l’habitude de ce genre d’événement, une des trois meilleures. J’ai un peu du mal à comparer, vu que c’est la seule de ce calibre que je connaisse, mais je peux confirmer que c’est de la convention qui dépote !

Imaginez une très grande salle divisée en quatre parts égales. Dans la première, les jeux : jeux de rôle, grandeur-nature, jeux de plateau, figurines, jeux de cartes à collectionner ; seuls les jeux vidéos n’ont pas le droit de cité : ici, on travaille encore à l’ancienne, à l’analogique (même s’il y en a qui trichent). Et ce ne sont pas seulement des stands, mais aussi des gens qui jouent : une bonne trentaine de tables, dont une bonne douzaine réservées aux rôlistes.

Alors certes, l’ambiance est certes plus proche du hall de gare que du salon feutré, ce qui n’est pas évident quand on essaye de mener une partie entre les géhennistes qui passent en boucle les vidéos de leurs exploits avec le son bloqué sur douze (à leur décharge, quand on le leur fait remarquer, ils ajustent) et les jeux en bois genre carambole qui font tac-tac-tac-tac sans arrêt.

Mais bon, c’est plus un salon qu’une convention de jeu, on s’adapte : j’ai pu tester en situation mon scénario « bande-annonce » pour Tigres Volants et ça marche bien – sauf la partie « trouver des joueurs », qui est toujours problématique quand on a un groupe qui affirme revenir dans la demi-heure et qu’on ne revoit que le lendemain. Les aléas du métier, je suppose.

Deuxième halle : les auteurs. Attention, on côtoie de la star : l’acteur Warwick Davis (Willow, Harry Potter), Robin Hobb, auteure américaine de la série « L’Assassin royal » (entre autres) et l’anglais Richard Morgan (la trilogie de Takeshi Kovacs ou de Black Man) en vedettes internationales, plus quelques vedettes de la francophonie (dont les inénarrables Ange, autrefois connus des rôlistes sous le pseudo G.E. Ranne). Tout ce petit monde – auteurs, scénaristes, illustrateurs – dispose d’un vaste espace de dédicace, au milieu des plus petits stands d’éditeurs indépendants et fanzines.

Dans la série « moi je », j’avoue quand même que dîner et discuter politique américaine avec Richard Morgan et Robin Hobb, puis boire une bière avec Christian Bujeau (Kaamelott, Hero Corp), Florence Magnin ou Sandrine Gestin, ça fait quelque chose. Sans même parler de membres du Naheulband comme Tony Beaufils, l’Orc au banjo, ou Ghislain Morel (mais lui il ne compte pas : il lit ce blog et commente même parfois, donc il est quasiment de la famille).

La troisième halle a pour nom officiel « Le marché féérique » ou, pour les gens mesquins du genre de votre serviteur, « le bazar à fanfreluches médiévaloïdes ». Pour une modique somme en écus sonnants et trébuchants (les euros sont aussi acceptés), le badaud peut y acquérir des vêtements, bijoux, accessoires, coffrets, armes, masques et autres bibelots d’un goût plus ou moins sûr.

Le kitsch le plus absolu (les statuettes de fées en résine) y côtoie des créations artistiques plus sûres – et je ne parle pas de l’hydromel du Père Gargamiel, surtout parce que je suis vexé d’avoir trop tardé à en prendre : le stock n’a pas tenu jusqu’à dimanche.

C’est surtout dans les travées de ce marché que saute aux yeux la caractéristique la plus marquante de Trolls & Légendes : son public. Environ un visiteur sur trois est, sinon déguisé, du moins avec quelques vêtement ou accessoire d’inspiration médiévalisante. Il y a des choses plus réussies que d’autres, bien sûr, mais ça donne un cachet certain à l’événement – même si j’ai l’impression que les déguisés étaient moins nombreux cette fois qu’il y a deux ans.

Enfin, la quatrième halle n’ouvre que le soir : c’est celle des concerts. Le public y est en grande partie le même que pour le reste du festival, ce qui fait qu’on se retrouve souvent à écouter du pagan-folk entre une elfette, un highlander en kilt, un pirate et une gothique. Chose également amusante : à Trolls & Légendes, ce sont les derniers rangs qui dansent le plus et on a souvent droit à des sarabandes improvisées près du bar (hasard ?). Et des gens qui hurlent « Poulet ! Poulet ! Piou-piou-piou ! » pour tout ou rien (Naheulband, vous avez créé un MONSTRE !).

Ajoutez à cela quelques animations extérieures, comme un mini-camp médiéval où des groupes de passionnés dorment sous la tente et font la popotte  à ciel ouvert – heureusement pour eux que, comme l’année passée, cette édition se soit déroulée par un temps estival.

En plus, c’est une convention à bière : la fameuse Cuvée des Trolls, parrain de l’événement et qui coule à flots (ce n’est pas forcément une image). Alors si, avec ça, je ne vous ai pas convaincu de réserver la date de Pâques 2013, c’est à désespérer ! Trolls & Légendes est un week-end de pure folie pour les amoureux des cultures de l’imaginaire, un événement organisé au cordeau par une équipe qui parvient à être à la fois rigoureuse dans la gestion et chaleureuse dans l’accueil.

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Seventh Harmonic / Keltia / Monica Richards / Corvus Corax à Trolls & Légendes

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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3 réponses

  1. Ghislain dit :

    Je n’aurais pas mieux dit !

    Ghislain, lecteur de blog depuis longtemps déjà

  2. J’ai eu l’opportunité d’assiser à ce festival ; mais je ne l’ai pas saisie à cause de la période des révisions en ce moment. Maintenant, je regrette un peu. L’année prochaine peut-être.

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