Un lupanar en état de siège

Or donc, hier, on a joué le quatrième épisode de la campagne lupanar, qui est censé être la charnière de la campagne. Sans trop spolier, c’est le moment où les personnages comprennent que, non seulement il y a quelque chose de beaucoup plus gros derrière toute cette histoire de lupanar, mais qu’ils sont en première ligne. Évidemment, tout commence par l’arrivée d’invités au Domaine, avec des desiderata quelque peu contradictoires.

D’un certain côté, le déroulement de la partie a été sans surprise, avec les deux Highlanders (le vrai et le faux; reste à savoir lequel est lequel) à la manœuvre et beaucoup de bons mots et de franche rigolade, mais malgré tout un final tragique et, pour le groupe, un nouveau départ. Tout s’est déroulé à peu près comme je l’avais prévu, à quelques virgules près, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que ça manquait de quelque chose. Quoi exactement, je ne saurais le dire. Ce qui est embêtant.

En fait, je commence à soupçonner que le point faible, c’est le nombre de PNJ à gérer qui, par moment, est proprement astronomique. Je ne sais pas si c’est un défaut de la campagne elle-même ou de moi en tant que déhemme, mais entre les pensionnaires, les visiteurs et les éléments de décor (dirigeants locaux et autres), c’est parfois très difficile à suivre. Surtout quand, comme on me l’a déjà fait remarquer, certains des PNJ ont des noms très similaires.

L’autre problème que je commence à saisir est une question de rythme. Ce n’est pas nouveau, mais je m’aperçois que le contexte de cette première partie de campagne fourmille d’opportunités pour que les personnages fassent plus ample connaissance – à la mode eyldarin ou non – avec Silestarin (l’habitat où se situe le domaine-lupanar) et ses habitants. Le problème est que toutes ces opportunités demandent du temps, ce qui n’est pas une denrée infiniment extensible dans le contexte d’une partie de jeu de rôle.

Le dosage est très difficile à faire: en théorie, les personnages disposent de deux “épisodes” (qui prennent chacun une session, normalement), pour découvrir le Domaine, ses pensionnaires, ses clients et son environnement, avant que tout ne pète dans le troisième. L’idée étant bien évidemment qu’il serait bon que les personnages s’y attachent, rendant la séparation plus traumatique.

Si on a des joueurs raisonnablement bonne pâte – comme peuvent l’être les miens, quelles que soient les médisances que je puisse proférer à leur endroit, leur envers et d’autres éléments de leur topographie personnelle – ça passe, mais on ne peut pas attendre une telle bienveillance de la part de sinistres inconnus qui achèteraient la campagne finale.

Dans l’absolu, je ne pense pas modifier la trame générale de la campagne de façon significative. Oh, j’avais bien l’idée d’un autre épisodes – une sorte de reconstitution historique au sein du Domaine – mais ça impliquait encore plus de PNJ et de confusion, au point que ça me paraisse réellement ingérable. Par contre, il faudra que je réfléchisse à des mini-sketches, à insérer au cours d’une séance, pour présenter d’autres facettes et permettre ainsi de créer des liens plus forts entres les personnages et le Domaine, que celui-ci n’apparaisse pas comme une simple pompe à fric peuplée de poupées gonflables qui parlent.

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