Valérian: L’Armure du Jakolass

Confier une aventure de Valérian, le plus célèbre agent spatio-temporel de la bande dessinée franco-belge et monument de la science-fiction francophone, à Manu Larcenet, il fallait oser! Mézières et Christin l’ont fait et le résultat, c’est L’Armure du Jakolass, un délire bien comme il faut.

Tout commence avec Monsieur Albert et les inénarrables Shingounz, débarquant dans une banlieue sordide pour récupérer un beauf à moustache qui s’avère être… Valérian, victime d’une technologie téléporteuse de conscience. S’en suit une série d’aventures plus barrées les unes que les autres, qui conduiront le désormais moustachu agent galactique à travers des bars glauques et des prisons stellaires.

Dire qu’on frôle souvent le nawak dans cet album est un euphémisme de la plus belle eau. On ne le frôle que par en-dessous, à vrai dire: les aventures de ce Français (très) moyen balancé dans l’univers créé par Christin et Mézières est une merveille de décalage, un doigt de parodie dans deux volumes d’hommage, avec beaucoup pastis.

Les Shingounz fourguent n’importe quoi contre des babioles encore plus improbables, Laureline pète régulièrement un fusible face à cette improbable réincarnation de l’homme de sa vie, Monsieur Albert essaye désespérément d’être la voix de la sagesse et, pendant ce temps, la situation part en gonade. Le lecteur, lui, rigole comme un bossu.

Je me dois ici de saluer le courage des auteurs, qui n’ont pas hésité à confier à un auteur qui est probablement aux antipodes de leur style propre le soin d’ouvrir cette nouvelle collection. Le résultat est désopilant, hérétique juste ce qu’il faut et en même temps respectueux d’une certaine forme d’esprit de la série.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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8 réponses

  1. François dit :

    Tiens, ça peut être intéressant, surtout vu comme la série principale était en train de partir en sucette (à mon grand dam).

  2. Imaginos dit :

    Ça fait un peu « les auteurs ont décidé d’arrêter la série après avoir tiré à la ligne pendant plus de vingt ans, voyons comment continuer à nous faire du fric avec la marque Valérian »… :-\
    Et en plus ça marche, pasque sur ton avis, je vais même y jeter un œil…

    • Alias dit :

      « Plus de vingt ans » = quarante.

      Mais oui. Et oui, ça marche plutôt pas mal.

      • Imaginos dit :

        Quarante ans, tu y vas un peu large !
        Je ne parlais pas de la durée de vie de la série qui a effectivement duré plus de quarante piges, juste du temps pendant lequel ils ont tiré à la ligne (= pour moi tous les albums venus après « Sur les frontières »).

    • François dit :

      C’est sûr qu’il y a souvent de l’abus dans ce genre de processus, mais il y a aussi des perles, à mon avis, comme, par exemple, certains albums « indépendants » de Spirou et Fantasio tels que « Le journal d’un ingénu).

  1. 06/11/2011

    […] à Alias pour m’avoir fait découvrir cet album) This entry was posted in BD, Kros and tagged Alias, […]

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