Van der Graaf Generator: A Grounding in Numbers

Hier, en écrivant mon billet sur L’imagination au pouvoir, le hasard a voulu que j’écoute en même temps A Grounding in Number, le dernier album en date de Van der Graaf Generator (attention! site web qui pique les yeux pire que mySpace précédente génération). Je mentionne cette collision car Van der Graaf Generator est un vétéran du rock progressif, du genre à avoir déjà fait de la musique à l’époque de mai 1968 (bon, avec pas mal de pauses, notamment entre 1978 et 2005).

La principale caractéristique du prog à la Van der Graaf Generator, c’est une noirceur certaine, ainsi que la déconstruction musicale, à la limite de la cacophonie. En clair, ça part un peu dans tous sens, à des degrés divers suivant les albums et les morceaux. Avec ce Grounding in Numbers, la cuvée 2011 est clairement du côté du « plus »: treize morceaux plutôt brefs dominés par la voix de Peter Hammill, véritable marque de fabrique du groupe autant que leur style mélange harmonie et cacophonie.

Je dois avouer un sentiment mitigé à l’écoute de cet album. D’un certain côté, c’est un groupe que j’aime beaucoup justement pour son style propre et si particulier et, de ce point de vue, A Grounding in Numbers va vraiment très loin. Trop loin, peut-être; certains des morceaux, notamment les instrumentaux « Red Baron » et « Splink », ou « Embarrassing Kid » (au titre fort à propos), me font penser que le mélange entre harmonie et discordance n’est plus aussi bien maîtrisé que pendant les années 1970. La voix de Peter Hammill elle-même semble donner des signes de faiblesse.

Restent que l’album regorge de morceaux splendides, comme « Highly Strung », « Bansho » ou « Snake Oil », qui sont du pur VDGG (oui, au bout d’un moment, ça me fatigue, alors j’abrège). Alors certes, le groupe n’a pas beaucoup évolué depuis l’époque de Pawn Hearts, il y a quarante ans, et mis à part la production moderne, il y a dans A Grounding in Numbers peu de sons que l’on n’aurait pas pu entendre à l’époque.

Mais en même temps, c’est toujours un peu les seuls à donner dans ce genre et le fan de prog se doit de saluer les Grands Anciens (aux sonorités quelque peu chthuliennes, d’ailleurs). Longue vie donc à un groupe qui doit son nom à une machine digne des laboratoires d’un savant fou!

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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