Vanessa Rossier, « Habiller le futur »

Dans la série « qui êtes-vous et qu’avez-vous fait d’Alias? », je suis allé visiter une galerie qui exposait les dessins de mode de Vanessa Rossier, sous le titre « Habiller le futur ». Avec un intitulé pareil, ça fait déjà un peu plus envie, ce d’autant plus que l’affiche, qui m’avait tapé dans l’œil il y a déjà un moment et que j’avais oubliée dans la frénésie de fin d’année, montre des choses intéressantes. En plus, la galerie en question est à deux pas de la Citadelle, dans un salon de beauté qui fait également salon de thé (et, du coup, galerie).

J’avoue avoir été un peu déçu. Non que les dessins soient inintéressants, car Vanessa Rossier a une plutôt belle patte, ni que le cadre soit médiocre (l’espace Massala est une salle plutôt sympa et leurs thés sont très bons; en plus, ils ont du Wifi). Le problème est que j’y suis allé avec l’œil du geek et, qui plus est, de l’auteur et que j’attendais plus de cette expo. En fait, de mon point de vue, elle manque de contexte.

C’est marrant, parce que ça rejoint un peu les discussions récentes sur le thème de la science-fiction: en regardant les tableaux accrochés, sans autre commentaire qu’un numéro et un prix, j’ai eu l’impression qu’il manquait tout le vocabulaire qui aurait pu leur donner du sens. Est-on sur Terre, sur un monde-colonie ou en territoire extra-terrestre? Dans un avenir proche ou lointain? Quelles sont les technologies employées pour les tissus? Les signifiants sociaux?

La mode a beau être quelque chose qui, en apparence, est très superficiel, c’est aussi un jeu de codes et de conventions sociales, où la conformité et la transgression se croisent. On s’habille pour transmettre un message – même quand on porte des fringues casual lambda, genre jeans et t-shirt. Quand Thias a lancé sa phrase, devenue symbolique de Tigres Volants, « que faites-vous et habillés comment? », il a posé – sans doute sans le savoir (moi-même je ne l’ai interprété ainsi que bien plus tard) – la base d’un jeu qui est devenu bien plus axé sur la collision de cultures qu’il ne l’était alors.

Du coup, oui, les dessins sont jolis (encore que je me demande ce que viennent faire des dragons dans l’histoire), mais ils flottent un peu dans le vide. Vous me direz, « normal, pour de la science-fiction » (ce à quoi je répondrais « haha! »), mais en fait, non: il manque à mon avis à cette exposition un contexte, une trame sur laquelle elle se poserait et c’est dommage.

Cela dit, c’est sans doute moi qui n’ai rien compris au bigntz et qui, comme souvent, ai déboulé avec plein d’idées préconçues dans la tête. Rien ne vous empêche d’aller juger par vous-même, Espace Massala, 6 rue des Voisins, 1205 Genève (c’est une rue parallèle à la rue de Carouge). L’exposition dure jusqu’au 14 janvier.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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