Vibram Five Fingers: les non-chaussures

Aveu préliminaire: je n’aime pas les chaussures. J’en porte parce qu’objectivement, mon environnement quotidien – asphalte, pavés, vélo, sans même parler du climat et des questions sociales – m’y oblige. C’est pourquoi l’existence des Vibram Five Fingers, découverte sur divers blogozines de mes relations, m’avait interpellé quelque part au niveau du vécu de mes papattes.

Après des recherches infructueuses au Canada, j’ai fini par trouver un magasin qui en vend à Genève. Première constatation: ce n’est pas donné. Comptez plus de 160 francs suisses la paire entrée de gamme (“Classic”). Deuxième constatation: c’est assez moche; bon, je n’avais pas trop le choix des couleurs et, du coup, je me retrouve avec un bidule gris, vert fluo et jaune pisseux. On va dire que c’est mode, mais, en plus de l’apparence assez inhabituelle, ce n’est pas très heureux.

Mais bon, si je suivais la mode, ça se saurait; l’important, c’est de savoir si c’est sympa à porter et pour marcher avec. Ou courir, mais c’est pas du tout mon truc.

De façon générale, la réponse est “oui, mais”. De façon générale, je trouve ça plutôt chouette à porter. C’est très léger et la mince couche de caoutchouc qui constitue la semelle remplit parfaitement son office en protégeant ma précieuse anatomie plantaire de l’hostilité des trottoirs de Stuttgart.

Les sensations sont d’ailleurs assez étranges: comme les orteils ont chacun leur logement, on se retrouve à ressentir la surface également par là. Personnellement, le fait de pouvoir en quelque sorte attraper les aspérités avec les orteils me donne l’impression de pouvoir grimper aux arbres. Note à moi-même: ne pas essayer de grimper aux arbres.

Tout n’est pas parfait; c’est le sens du “oui, mais”. Le premier défaut que j’ai constaté est que le bidule d’ajustement à l’arrière avait une fâcheuse tendance à frotter contre mon tendon d’Achille gauche; assez rapidement, ça finit par faire mal. J’hésite encore à régler le problème par une biduledajustementéctomie, mais comme je n’aime pas les solutions radicales, je vais probablement acquérir une protection à appliquer sur la zone sensible.

Même sans ça, je ne suis pas 100% sûr que ce soit le genre de chaussure avec laquelle j’aimerais faire des kilomètres. Je suppose que c’est une question d’ajustement: marcher avec ce genre d’équipement nécessite de changer certaines habitudes. Mon style de marche “à la parisienne” (genre huit kilomètres à l’heure) n’est par exemple pas idéal, il vaut mieux privilégier des plus petites enjambées.

Et puis bon, il y a le prix, qui frôle le prohibitif (j’ai des chaussures qui m’ont coûté plus cher, mais c’était des trucs médicaux) et l’apparence qui frôle le hideux par le mauvais côté de la limite. J’aurais bien acheté par Internet, mais je me méfie un peu des questions de taille (et bien m’en a pris: j’aurais acheté du 44, comme mes autres chaussures, ç’aurait été trop grand). Mais, dans l’absolu, je suis assez content de l’investissement. Même si les gens me regardent de travers dans la rue.

Ils ne savent pas ce qui est bon.

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