Warship Jolly Roger, tome 4

Le quatrième et dernier tome de la série Warship Jolly Roger s’intitule “Dernières volontés” est, une fois encore, à l’image de son titre. On arrive au bout de cette histoire de vengeance, il va y avoir des morts et ça ne va pas être propre.

Fondamentalement, Warship Jolly Roger, c’est ce qui se passe quand au moins trois jusqu’au-boutismes se croisent et s’entremêlent: un pouvoir politique qui ne veut pas reconnaître ses erreurs de peur de perdre le contrôle, une rébellion militaire prête à tout pour faire tomber le pouvoir en place et, au milieu, un homme accusé à tort qui fait doublement les frais de l’ensemble.

Pour être très honnête, je n’aime pas les histoires de vengeance parce qu’elles me paraissent stériles. De ce point de vue, celle-ci est très bien faite, parce que la démonstration est imparable. Peut-être jusqu’à la caricature.

Car, quelque part, il n’y a pas vraiment de surprises dans ce final: les méchants vont mourir, les gentils vont s’en sortir, plein d’innocents vont en prendre plein la gueule – mais qui l’est vraiment aux yeux de quelqu’un qui est habité par la vengeance? – et les figures un peu entre les deux vont finir dans la pénombre.

Il faut reconnaître à l’histoire, signée Sylvain Runberg, une certaine efficacité. Sur les quatre tomes, il n’y a pas beaucoup de déchets – encore qu’une version en trois tomes, strictement concentrée sur l’histoire de Munro et de son gang, aurait pu avoir un côté “road movie spatial” plus percutant. Si je suis souvent un fan du contexte, je trouve qu’ici il dessert un peu l’histoire.

Le trait de Miki Montlló, avec ses personnages aux traits en lame de couteau, colle bien au style. On est dans un univers SF/space-opera classique et les illustrations jouent beaucoup avec des paysages planétaires ou stellaires somptueux et un mécha-design réussi.

En résumé et en conclusion, Warship Jolly Roger est une série classique de SF, entre space-opera et road-movie sur le thème de la vengeance. Elle manque sans doute d’originalité et aurait pu être plus percutante, mais l’un dans l’autre, elle est plutôt plaisante et bien réalisée.


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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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