Watchmen

Il existe un petit nombre de bédés cultes; Watchmen, d’Alan Moore et Dave Gibbons, est inconstestablement de celles-ci. Sur fond de menace nucléaire, elle déconstruit l’image mythologique des superhéros en montrant que, derrière le masque, il y a des hommes et des femmes avec leurs défauts. Ça n’a l’air de rien, comme ça, mais, il y a vingt ans (elle est sortie entre 1986 et 1987), c’était révolutionnaire.

 

Le film vient de sortir sur les écrans, au grand dam de moult puristes (dont Alan Moore), qui considèrent que toute transposition du format bédé vers celui d’un film est obligatoirement une trahison. Cela ne surprendra personne: la vérité est quelque part entre les hurlements des fans et les aspirations des producteurs.

Par certains côtés, le film est redoutablement fidèle à l’histoire: certaines scènes sont directement décalquées et la plupart des dialogues sont également tirés de la bédé. Il y a des différences, surtout vers la fin, ce qui encore une fois à provoqué un concert de hululements blessés. Personnellement, j’ai été favorablement impressionné par cette volonté de coller à la trame originelle. Zack Snyder, le réalisateur, confessait dans une entrevue avec Wired être lui-même un gros fanboy.

Le travail sur l’image et sur la recréation de ces années 1985 parallèles, où les USA ont gagné la guerre du Vietnam et où Nixon en est à son cinquième mandat de président, est réellement impressionnant. C’est d’ailleurs remarquable à quel point un futur aussi proche peut nous paraître aujourd’hui aussi exotique sur certains points (même pour un vieucon dans mon genre, qui non seulement était nés avant les années 1980, mais avait également visité New York en 1984).

J’ai également apprécié le fait que, malgré les deux heures et demi du film, je n’ai pas vraiment constaté des longueurs. Par contre, toute personne ayant lu la bédé constatera qu’il y a des raccourcis massifs. C’est un peu normal, quand on considère l’incroyable masse de matériel qu’il y a dans l’histoire originelle. Rien de réellement critique, par contre.

Je suis moins enthousiaste sur le côté sexe et violence du film. Je ne suis pas exactement un perdreau de l’année et le Watchmen originel n’a rien d’une bluette, mais certaines scènes étaient plus qu’explicites, tant au niveau des galipettes que du sang qui gicle (surtout, en fait). Le problème majeur, c’est surtout que toutes ces scènes avaient un côté gratuit: on n’aurait rien perdu au propos en réglant le gore-o-mètre trois ou quatre crans en-dessous.

Watchmen est une très grande bédé, mais ça n’est pas à mes yeux un très grand film; je l’ai même trouvé un ton en-dessous du Dark Knight de l’année passée. C’est une adaptation très correcte, avec à peu près autant de qualités que de défauts. Il faut au moins l’avoir vu pour pouvoir ensuite en dire du mal…

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2 commentaires sur “Watchmen”

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