Wild Nation / Coverkill / Nanowar à Genève

J’avoue: quand j’ai vu l’affiche de ce concert de Wild Nation, Coverkill et Nanowar à l’Usine de Genève, mon cerveau a juste perçu « Nanowar » et « Genève ». Après avoir vu la description des autres groupes (surtout celle de Coverkill), j’en ai conclu que ça allait être une bonne soirée de nawak-métal et je ne me suis pas trompé.

Wild Nation, qui ouvrait les hostilités (façon de parler), semble être une très jeune formation genevoise, qui propose un métal très classique. Le genre de chose très efficace pour ouvrir le bal (métaphore plus juste) sans faire trop d’ombre aux grosses pointures. Des morceaux bien interprétés, complètement dans les standards du genre, avec beaucoup d’énergie et de bonne humeur.

Coverkill, c’est une autre pointure: ce groupe local a décidé de prendre ces mêmes standards du métal et de les pousser sur onze, y compris en affichant des costumes de scène plus-style-genre-tu-meurs. Pantalons zébrés, crinières en pagaille, cuir, clous et pointes et suffisamment de têtes de mort pour reproduire un ossuaire moyen.

Le groupe a ses habitudes et ses habitués et balance des reprises de classiques, accommodés à sa sauce (c’est-à-dire en poussant les clichés à leur paroxysme). Le tout est accompagné d’un jeu de scène extravagant, avec feu d’artifice, public qui fait des bêtises sur scènes (invités ou non) et poses qui seraient aux normes ISO pour le métal, s’il en existait.

Si Coverkill poussait les standards à onze, Nanowar les cale à treize, les repeint en rose et leur fait subir les derniers outrages avant de les exposer en place publique, en bas-résilles et robe à fleur. Rien que leur accoutrement fait peur: le guitariste en Aladdin, le batteur en pyjama, le guitariste en robe et soutien-gorge et le chanteur en chemise-résille et boxers rouges.

Sur scène, c’est du n’importe quoi complet, en anglais et en français (le guitariste parle un français très correct), avec allusions sexuelles pas fines du tout, épées en plastique qui finissent dans des endroits pas racontables, pas de danse façon Comedia dell’Arte, chansons politiques appelant le retour du féodalisme (« pour le chômage, une solution: le servage »), pour finir en slip pour les rappels. Ce n’est pas une image.

Petite déception: pour cause de formation réduite, nous n’avons pas eu droit aux grands morceaux de l’album Into Gay Pride Ride, comme « Blood of the Queen » ou « Lamento Erotico ». À la place, deux reprises bien débiles: « Master of Puppets » devenant « Master of Pizza » et « The Number of the Beast » se transformant en expérience de téléphone rose intitulée « The Number of the Bitch ». Je vous avais prévenu: ce sont de grands subtils.

Un peu décu donc de ne pas avoir pu hurler « For the Power! For the Glory! For the movie Toy Story! », mais un grand moment de métal-circus, avec en plus la possibilité de taper la discute avec les musiciens du groupe avant le concert. Si Nanowar passe dans votre coin, ne les manquez surtout pas!

Mes photos du concert sont sur Flickr (ou vont l’être sous peu, il y en a énormément à trier), toujours sous licence Creative Commons.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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