“Zen and the Art of Motorcycle Maintenance”, de Robert M. Pirsig

Okay, c’était bizarre. La lecture de ce Zen and the Art of Motorcycle Maintenance, de Robert M. Pirsig, s’entend. Probablement en grande partie parce que j’en avais beaucoup entendu parler; c’est un peu un bouquin de référence dans le monde geeko-hacker, pour des raisons d’ailleurs assez faciles à comprendre après la lecture.

Parce que Zen and the Art of Motorcycle Maintenance (que je vais abréger ZAMM à partir de maintenant, pour simplifier) parle de Zen et, partant, de philosophie au sens plus large, ainsi que de l’entretien des motos et, plus largement du rapport de l’homme à la technologie, à une époque (1974) où elle commençait tout juste à devenir ubiquitaire et de plus en plus complexe.

Ce que je n’avais pas prévu, c’est que ces deux thèmes seraient développés sous formes de leçons de philosophie entrecoupant le récit du voyage du narrateur qui, avec son fils Chris, traverse une bonne partie des États-Unis à moto, de Chicago à San Francisco, à la poursuite de son double Phaedrus.

C’est là où ça devient vraiment bizarre: sans trop spolier (la chose est révélée dans le premier quart du livre et dans sa préface), Phaedrus est l’ancienne personnalité du narrateur, effacée à coups d’électrochocs lors de son séjour en hôpital psychiatrique. Précision: le roman est en grande partie autobiographique.

Tout ceci donne un bouquin très étrange. Souvent ardu à lire (les concepts philosophiques qui y sont développés sont plutôt clairement expliqués, mais pas évidents à saisir pour autant), parfois basculant sinon dans le fantastique, du moins dans l’irrationnel, lorsque la voix de Phaedrus se fait entendre à la place de celle du narrateur (d’ailleurs, dans les versions récentes du livre, il y a un changement de caractère pour rendre cette permutation plus compréhensible).

Même si on ne comprend pas tous les concepts, ceux pertinents à l’approche de la technologie, le côté “do-ocratie“, est très proche de l’éthique hacker en démontrant la satisfaction et la paix intérieure que l’on peut retirer à faire et entretenir soi-même une mécanique aussi complexe qu’une moto. Ça parle beaucoup à mon côté “hacker raté” et aussi au fait que je connais pas mal de gens autour de moi facilement frustrés par une technologie mal maîtrisée.

ZAMM est un classique et c’est assez facile de comprendre pourquoi: que ce soit son côté récit de voyage à travers le centre et l’ouest des USA dans les années 1970, son aspect autobiographique d’un homme pourchassant son moi passé, ses digressions sur une approche zen de la technologie ou ses considérations philosophiques plus poussés sur la notion de Qualité, cet ouvrage a dû être à son époque une véritable révolution. Aujourd’hui, il est encore très pertinent, bien que plutôt ardu à lire.

Cette chronique a été écrite sous le signe du Challenge CivBlogger 2012 de Lectures Libres:

Il s’agit de lire ou d’avoir lu un bouquin explorant un thème de société, un thème politique ou un thème de civilisation (évolution, tendance, prospection). Vous en faites la fiche de lecture. Vous citez trois bloggers (que vous prévenez) pour leur proposer de participer. Vous citez ces règles et mettez un lien vers le message de blog qui vous a demandé de participer, histoire d’être sympa avec lui.

Je vais avoir un peu de mal à en citer trois qui n’ont pas encore participé, mais j’appelle à la barre le Traqueur Stellaire. Ça lui apprendra à me poser des questions bizarres.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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1 réponse

  1. Roboduck dit :

    Je l’ai lu il y a des années. C’est un bouquin qui m’a marqué, entre autres à cause de l’aspect psychiatrique. Mes souvenirs sont un peu flous, mais je me souviens avoir bien aimé. Ca me tente bien de le relire à l’occase.
    Roboduck Articles récents…Océan, d’Ellis et SprouseMy Profile

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